Compte-rendu : l’appellation Côte-de-Brouilly

Séance Vertivingstone dédié à l’appellation Côte de Brouilly. Nous avions le plaisir d’accueillir Christiane Lacondemine du domaine des Roches Bleues qui nous a accompagnés sur cette séance.

Côte de Brouilly, c’est quoi ? C’est une appellation Villages du Beaujolais comme chacune des 10 crus Villages du Beaujolais. L’INAO le clamera sur tous les tons : il n’y a pas de hiérarchie entre les dix crus du Beaujolais : même rendement à l’hectare, même degré minimum, même règles de vinification, même encépagement, même tout…

Sauf que voilà. L’appellation Côte de Brouilly (sans s à « côte » : il n’y en a qu’une ; celle qui s’enroule autour du Mont Brouilly) est située sur les pentes du Mont Brouilly sur des parcelles tendanciellement pentues alors que Brouilly est situé sur un terrain plus plat. L’appellation Brouilly se situe plutôt sur des sols granitiques tandis que les pentes du Mont Brouilly voient la résurgence d’une roche métamorphique appelée méta-diorite (on utilise également le terme générique de « porphyre » qui désigne toute roche métamorphique à forte proportion de feldspath mais qui n’indique pas grand-chose en fait). Qu’est ce que la méta-diorite… Ouh… rappelons que parmi nos roches-mères : celles qui proviennent des profondeurs de la terres, nous avons des roches volcaniques (à refroidissement rapide) et des roches plutoniques (à refroidissement lent). Il y a une dizaine de roches plutoniques dont la plus connue est le granit (citons aussi le granodiorite et le gabbro que l’amateur nantais connaît) et donc la diorite. La méta-diorite est une diorite ayant commencé à subir un métamorphisme : c’est-à-dire qu’elle a commencé à être compressée et chauffée pour former un schiste : un caillou plus feuilleté. Bref… où veux-je en venir ? L’important dans la viticulture c’est moins la connaissance du caillou que la manière dont le caillou s’altère en contact avec les éléments extérieurs. Et là en l’occurrence, la méta-diorite s’altère en particules plus fines que le granit (qui s’altère en sable), pour s’altérer davantage en argile. L’argile, dans les vignobles du Nord, cela peut générer des rétentions d’eau qui peuvent être génants pour produire des vins de qualité… sauf que dans notre cas, les belles pentes du Mont Brouilly font glisser les excès d’eau. Pas d’hydromorphie à craindre. Mais l’argile sur les terrains destinés aux vins rouge a la particularité de produire des tanins… donc des vins plus structurés. Des vins de garde. Là ou Brouilly fait des vins jeunes et gouleyants, les Côte de Brouilly demande un peu plus de temps pour s’assagir. Ajouté à cela que Brouilly est dominé par une production hétérogène pour les coopératives et le négoce et que Côte de Brouilly a une proportion de vente directe plus importante et une production qualitativement plus homogène, les vignerons génèrent de fait, eux, une hiérarchie qualitative et tarifaire entre les deux appellations.

Rappelons enfin, que pour tout connaître sur le Beaujolais, Nicolas Herbin a produit un texte de référence sur vin-terre-net dont je ne saurais trop vous inciter à la lecture assidue.

C’est parti pour une lecture des millésimes 2014 et 2015 en Côte de Brouilly. Bon disons le tout net. 2015 est un millésime de garde. Les nez sont fermés, les bouches puissamment tanniques mais les jus semblent prometteurs. Les 2014 sont agréables et accessibles dès aujourd’hui.

Côte de Brouilly, Robert Perroud, Foudre n°5, 2014
Légers arômes de café, de griotte et d’épices (poivre, canelle). Le vin est bien structuré, un jolis jus, assez souple, le tanin fin. Cela commence bien. Bien++/Très Bien (5 points)

Côte de Brouilly, Jean-Marc Laforest 2014
Nez assez confiture, confiture de mure, bouche très ronde, tanin un peu plus extrait, bouche légèrement sucrée. Un vin très (trop) facile. Bien + (0 points)

Côte de Brouilly, Daniel Bouland, Cuvée Mélanie 2014
Nez assez complexe sur des notes de fruit noir, de graphite. La bouche propose une belle mâche, bien structuré mais aussi une belle tension sur une fine acidité qui donne beaucoup d’allonge au vin. Notes de vanille cuite en rétro-olfaction. Très Bien +/Très Bien ++ (11 points)

Côte de Brouilly, Jean-Claude Lapalu 2014
Nez assez profond de mure, de sureau. La bouche est assez en dent de scie, le tanin sévère, assez vif, une vivacité un peu volatile en bouche. Un peu plus rustique. Bien++ (3 point)

Côte de Brouilly, Domaine Ruet 2015
Nez assez cuit, chocolat, bouche enrobante, cuite, trame tannique qui ressemble au grenache. Un peu lourd en fin de bouche. N’aurait il pas fallu récolter un peu plus tôt ? Bien + (11 points)

Côte de Brouilly, Domaine Claire et Fabien Chasselay, L’Héronde 2015
Nez très aromatique, puissant, fumé, graphite, fruits noirs, crème de cassis, crème de mure. Un style plus oxydatif, très gourmand, friand, tanin très grenache. C’est un style de vins sans doute assez peu sulfité, assez mur mais d’une gourmandise immédiate diablement efficace. Très Bien (18 points)

Côte de Brouilly, Jean-Paul Brun 2015
Nez assez floral qui pinote, linéaire. Une bouche un peu hachée encore, tanins rêches un peu bruts mais précis. Fine vivacité en finale. Un vin globalement plus extrait. De garde voire de grande garde. Très Bien + (3 points)

Côte de Brouilly, Les Roches Bleues 2015
Nez cassis-floral. Bouche puissante, très structurée, juteuse. Tanin puissant, collant. Joli jus qui nécessite 3-4 ans de garde. Une vinification très classique et de bonne facture Très Bien +/Très Bien ++ (25 points)

Côte de Brouilly, Laurent Martray, Les Feuillées 2015
Nez très réducteur, fermé. Bouche assez ample, puissant, tanin assez fin. Grande garde à prévoir encore une fois. A revoir dans 5 ans, mais je penche sur un Très Bien ++ (3 points)

Côte de Brouilly, Château Thivin, Les Sept Vignes 2015
Nez assez fermé ou l’on distingue des fruits noirs, de la graphite. La bouche est singulièrement  vive, le tanin assez puissant. De garde. On aimerait que le tanin et l’acidité se fondent dans le jus mais ce n’est sans doute qu’une question de temps. Très Bien + (14 points)

Côte de Brouilly,Les Roches Bleues 2009
Nez très aromatique sur des notes mures de fraise cuite, de confiture de myrtille. Avec le temps la bouche se fait plus veloutée mais le tanin est encore ferme : il est bon à boire mais doit accompagner des plats structurés. Rétro-olfaction assez florale. Très Bien ++ (26 points et vainqueur du collectif ce soir)

Mélodie en sous sol : Soirée Cornas

QUINTET en Syrah Majeure.

Au programme sur une partition minimaliste mais décidément bien orchestrée nous avions troqué nos instruments de musique contre les verres INAO. Répétition générale pour suivre une mélodie du nord du Rhône à la rencontre de très jolis flacons. Un certain J. G semblait avoir signé les achats des flacons proposés ce soir là pour égayer nos papilles, merci à lui et direction donc rive droite pour une superficie de 136 hectares avec une soixantaine de grands musiciens qui jouent en Syrah majeure des mélodies difficiles avec des coteaux dont les pentes atteignent  jusqu’à 60 %. Savoir qu’une trentaine seulement ne vivent vraiment de leur production donne le ton de cette mélodie des Cornas.

1 personne ne pourra exploiter que 2 hectares maximum ce qui fait plus que compliquer la tâche. On ne parle pas de mécanisation dans ces amphithéâtres situés entre 125 et 400 mètres d’altitude et orientés vers le sud, que les vents dominants épargnent. Il faut se retrousser les manches et jouer allegretto.Le Cornas est le plus méridional des crus septentrionaux, on y taille la vigne en gobelets parfois en laissant les feuilles se développer afin de protéger les raisins de la chaleur. Les sols sont pauvres et issu de granit enrichis de dépôts limoneux. La vigne est sous stress hydrique dans les années chaudes. On y récolte les raisins jusqu’à 1 semaine à 15 jours avant les autres vignobles.

5 vignerons nous ont été présentés dans la formation des artistes de cet opus des Cornas par Libertivin et sur 4 millésimes.

  1. Vincent PARIS
  2. Stéphane ROBERT
  3. David REYNAUD
  4. Alain VOGE
  5. Robert MICHEL qui a cédé ses vignes

Ouverture et premier mouvement

La première mélodie jouée par Stéphane Robert en ouverture, est vin un Cornas Vin Noir 2013 du Domaine de Tunnel possède une robe sombre rubis, un nez poivré un peu truffé, fumé aux accents de violette de cassis. Un boisé léger. Des notes fraiches mentholées que l’on va retrouver en bouche. Les arômes sont très marqués sur le fruit, de cassis de violette et une pointe de cerise. Un poivré et des pointes de réglisse qui finissent en agréables petites touches amères. Nous ne sommes qu’en 2017 et le vin se montre encore un peu serré aux entournures même si les tannins semblent bien intégrés. La finale est honorable. Patience ….

 

Une cuvée Rebelle qu’il va falloir laisser s’assagir quelques temps

On passe au deuxième mouvement avec une robe plus claire et plus limpide ; Les notes olfactives sont recroquevillées bien que la chaleur des gammes aient été notées, les raisins semblent avoir été mûrs ce que confirme la bouche orientée sur la cerise et le fruit noir un peu poivré. Un assez bon équilibre, une acidité et une petite amertume glissants vers les cerises à l’eau de vie. Écrivant une Syrah non sulfitée en 2013  , David Reynaud nous fait deviner sa partition qu’il faudra redécouvrir avec la patine des années.

 

Lorsqu’on égrappe les raisins avec cette cuvée Granit  60 chez Vincent Paris, l’atmosphère semble plus sombre, rubis,  la robe est dense. On découvre les arômes de pruneaux en confiture auxquelles on prête aisément des épices anisés ou de la badiane. Mais c’est la cerise Bigarreau et la mûre qui viennent comme un ostinato réveiller nos papilles. Belle longueur des croches et des tannins.

 

 

Le deuxième mouvement du domaine est sur le même millésime, mais ce qui nous rassure tant  la parcelle « La Geynal » révèle de la finesse d’une belle robe éclatante qui se traduira par un nez élégant mêlant cerise, réglisse, cocktail de fruits noirs. La trame au palais est vineuse, comme un coulis empreint de pain brûlé, finissant sur des petits amers doux et une fraicheur qui domine par cette belle acidité des gammes jouées en cave par le chef d’orchestre qui a repris la suite d’un vignoble familial. « Paris tenus » a t-on envie de dire en souriant.

Nos oreilles étaient maintenant prêtes à décrypter les morceaux les plus improbables ou les plus surprenants dans la gamme, mais étaient ils parés pour la surprise d’un air doux et tendre joué en 2012?

Notre grand coup de cœur pour son accessibilité seulement 5 ans après sa mise en musique!

Avec ses Vieilles Vignes Alain Voge nous a médusés. Une diva ! Le nez fruité, épicé, frais et complexe de sa ligne mélodique a eu dans mon groupe un effet presque cataleptique. Il s’ouvre et s’ouvre avec les minutes qui passent. Les cerises, mures et violettes caracolent le long de la partition entre acidité et fruité. L’équilibre est très beau, une marque de fabrique d’une belle maturité des grains, tandis que la persistance en bouche s’accroche sur des notes vibrantes d’épices douces, réglissées, fruitées.

Comme l’avoue un des spectateurs de nos émerveillements « Son IDT parait énorme ! » ce que je devrai me faire traduire par un indice de « Torchabilité » très élevé. Un tube énorme dans le domaine de la musique quoi !

Les accents du Cornas ne se réfèrent pas à des airs de classique sirupeux. Ils n’obéissent pas à la baguette, gardent leur fougue bien longtemps après que l’orchestre ralenti ou que le chef relâche sa pression artistique.

Nous filons maintenant vers le passé en 2005 pour apprécier le nectar d’un domaine disparu, une fois après avoir glissé le nez au dessus du liquide rubis, on ressent comme une claque. « Deux torgnoles en allez retour ! » lâche mon voisin. Robert Michel a su écrire sans fausse note dans son chai, les marques de la profondeur, signant un vin très expressif. La bouche est moins enveloppante que pour le précédent mais il y a cette acidité mordante des cerises kirschées, ces petits amers qu’on finit pas apprécier plus on avance dans la découverte des grands fabricants de rêves. Une fraicheur et un bel équilibre qui montrent que les années n’ont pas fini leur travail sur la Cuvée des coteaux qui œuvre comme une Ode au passé.

Un très joli terroir qui raconte de multiples notes dans sa gamme !

Le même vin en millésime 2004 sur la parcelle La Geynal (voir plus haut) produit des notes plus graciles et plus veloutées. La mélodie est riche. Et même très riche par sa subtilité. Au nez nous ressentons des accents truffés, cacaotés et les pruneaux cuits rôdent dans le verre. Notes fumées, lardées et sanguines. Les romarins et le laurier sauce voltigent.  Pas de lourdeur dans le flacon qui exprime encore beaucoup d’arômes, des saveurs douces goudronnées, pétroleuses. Une conclusion à la digestibilité présente, tant les saveurs sont audibles par le travail réussi du vigneron , dorénavant éloigné de l’orchestre, M. Michel.

 

Jean-Luc Poignard

Compte-rendu : le millésime 2005 en Muscadet.

Nous avons mis des années avant d’organiser cette séance tant les beaux vins parcellaires du Muscadet du millésime 2005 ont longtemps été fermés sur eux-mêmes : de gros bébés joufflus musclés comme des piliers de Rugby mais pour des histoires un peu rapides à raconter.

Les vins de 2005 ont bien commencé à s’ouvrir. C’est l’occasion de faire un bilan : 12 ans après.

Alors rappelons les faits : le débourrement s’est déroulé le 1er avril : c’est dans la moyenne. S’en suit un printemps chaud et sec. La floraison, elle va être très précoce autour du 30 mai. (Période caniculaire fin mai). L’été sera sec : la véraison est précoce. Le banc des vendanges est annoncé le 2 septembre alors que démarre un épisode pluvieux rapide et sans conséquence sur la vendange. Ce fut une des années les plus précoces que l’on comparera aux années chaudes comme 1989, 1990, 1995 et dans une moindre mesure, 2003. Les acidités totales étaient assez basses et les niveaux de sucre assez élevé.

Naturellement, ces années-là, les acidités tombent moins sur les terrains argileux (gabbros, schistes tardifs de Vallet) ; les terrains très drainants (granits, orthogneiss) sont plus à la peine pour ramener du peps et de la fraîcheur au vin. Sur Gorges, 2005 fût une excellente année, sur les autres terrains, il ne fallait pas vendanger trop tard. Dans tous les cas, les vins de 2005 offrent des volumes en bouches rares et inédits.

La conclusion que je tirerais de la dégustation est que 2005 offre finalement des Muscadet certes assez puissants et parfois chaud en bouche mais assez discrets et délicats aromatiquement. La rareté de l’acidité en font des vins assez difficile à s’associer à table car ils ne s’imposent pas et peuvent vite être écrasés par un arôme ou un goût. Si j’avais un plat à associer avec nombre des vins que nous avons goûté, ce serait un « blanc de poulet, purée de pomme de terre » : un plat très neutre pour éviter de masquer des arômes et des acidités fragiles.

Muscadet de Sèvre et Maine sur Lie, Dominique Martin, Les trois versants Vielles Vignes 2005
Un vin aux arômes évolués de pétrole assez marqués dans lesquels on distingue des notes de vanille, de fougère et d’anis. La bouche est un peu disjointe entre une acidité qui rafraîchit bien le vin et une chaleur d’alcool à brûler perceptible. Rétro-olfaction sur des notes cirées. Bien ++

Muscadet de Sèvre et Maine sur Lie, Michel Luneau et Fils, Le Vin de Mouzillon 2005
Nez fin, discret de poire vanillée/tarte au poire. Un vin riche aux puissants amers. L’acidité est assez mesurée : plus acidulée qu’acide. Rétro-olfaction de tarte au poire. Un vin d’une insolente jeunesse. Très Bien + (5 points).

Muscadet des Côtes de Grandlieu, Domaine du Haut Bourg Signature 2005
Bouchon

Muscadet des Côtes de Grandlieu, Domaine des Herbauges, l’Expressionnel 2005
Premier nez sur des notes végétales assez peu expressif. Bouche boisée, assez vive. Puis en bouche le bois se fait un peu invasif. La rétro olfaction est très boisée est longue… un peu trop longue. Bien

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine de la Pépière, Clos des Briords 2005
Nez fin, aromatique, citron, main de Boudha. La bouche est mure donne une sensation un peu cuite, douce, suave, délicat. Un équilibre « amer-doux » (chwero diraient les bretons). Peu d’acidité mais une douce crémosité agréable. Très Bien + (13 points)

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine des Cognettes, Tentation de Granit et Gabbro, Selection de Vielles Vignes 2005
Nez vraiment intéressant, complexe de fruits secs, de noisette mais la rétro-olfaction se fait fraîche et menthée. La bouche est à la fois crémeuse, mure et tendue. C’est un bel équilibre ; original. Très Bien / Très Bien + (5 points)

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine de la Chauvinière, Château Thébaud 2005
Nez aromatique légèrement pétrolé. Bouche très large, puissante, crémeuse, alcool à bruler. Rétro-olfaction sur des notes assez évoluée. Il me semble que cette bouteille commence une oxydation un peu rapide. (soucis de bouteille ?). La faiblesse de l’acidité rend l’équilibre d’ensemble impressionnant de densité mais pas nécessairement d’une élégance époustouflante. Bien ++ (0 points)

Muscadet de Sèvre et Maine, Christian Gautier, Clisson 2005
Premier nez un peu réduit (allumette) puis après aération notes d’agrumes et d’orange caractéristiques du cru. La bouche offre une sensation de fruit cuit mur, une belle bouche agréable crémeuse, légèrement vive. Très Bien (2 points)

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine Michel David et Fils, Clos du Ferré, Schiste de Goulaine, 2005
Nez assez floral, pâte d’amande, discret. La bouche est gourmande bien équilibrée sur des notes de noisette. Un vin assez chaud en bouche toutefois. Très Bien/Très Bien + (1 point)

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine de la Louvetrie, Fief du Breil 2005
1er vin oxydé.
2e vin assez évolué aussi toutefois. Notes végétales de menthe et de fougère. La bouche est assez cuite, puissante. Pas très complexe en bouche toutefois. La vigne a dû souffrir sur les sols séchant d’orthogneiss… Bien ++ (0 points).

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine Damien Rineau, Gorges 2005
Beau nez précis, dynamique, cierge. La bouche est assez soufflante : crémeuse, juteuse. Expression exotique, mangue en rétro-olfaction. Superbe allonge : très long en bouche, nerveux. Excellent (14 point, vainqueur du collectif ce soir… encore une fois Damien Rineau remporte la timbale haut la main).

Muscadet de Sèvre et Maine, Domaine Martin-Luneau, Gorges 2005
Nez farineux un peu réducteur. Bouche moins intense que chez Rineau mais joliment bien faite. Léger gaz carbonique encore perceptible. Bouche mure, efficace. Un beau vin avec de beaux amers. Moins vif donc un peu moins long que le précédent pour autant un bel équilibre. Très Bien + (9 points)

Vertivinies ma non Vici…

Voici le compte rendu d’une promenade au salon des Vertivinies : un compte rendu signé Jean-Luc Poignard.

Un après midi c’est trop court !

Enfin se tenait les 11 et 12 mars dernier la 5ème édition des Vertivinies, un salon des vignerons organisé à nos portes par des passionnés du vin, des gens dont la trempe leur interdit de laisser passer une occasion de célébrer les beaux produits œnologiques en notre compagnie.

Mini Salon mais pour un maxi plaisir!

Tout le monde sait que ce n’est pas la quantité mais la qualité qui fait le plaisir. Ainsi pas plus de 20 producteurs, mais issus de choix éclairés et la possibilité offertes aux hommes et aux femmes aux commandes des vignobles de nous faire partager les fruits de leur labeur. Un tour de France rapide des vignobles?

Après midi dominical sous le signe de l’eau, et moi qui attendais un rayon de soleil pour éclairer le fond de mon verre et faire danser les robes! Tant pis je commence par saluer les copains et je me lance vite avec les blancs secs de Vendée. Petite mise en bouche rapide, rien de particulier à dire car je ne fais qu’arriver et mon palais est vierge.

Un premier tour des vignobles trop rapide

Je décide de commencer par les cidres Bretons de Joanna Cécillon qui élabore des jus destinés à un élevage, dans des cuvées élaborées comme des vins. J’ai des a priori mais je n’aime pas rester dans l’inconnu. On m’explique donc, que les notions de parcellaires et de cépages sont remplacées par les différentes variétés de pommes sur des terroirs où Joanna respecte les règles élémentaires de la survie de notre espèce en ne pulvérisant aucun pesticide ni insecticide. Cela commence à m’intéresser. Là bas les pommes sont sélectionnées pour leurs qualités ou complémentarités (acidité, sucrosité, tannins). Et preuve est faite que ça donne un résultat surprenant avec la cuvée Divona qui me séduit par sa longueur en bouche, la complexité du jus et sa délicatesse. Alors pourquoi ne servirai-je pas cette jolie bouteille cet été sur une salade accompagnée de fromage, de noix, de tagliatelles de  légumes et de pommes fraiches coupés en quartiers fins… ?

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Je croise Jean Philippe, mon copain de Générations Vignerons qui me flatte les vins de Paul Kubler «  Tu verras, quand tu veux faire gouter un Riesling à des novices c’est celui là qu’il faut servir, c’est un vin tendu, sec, expressif. Un Riesling quoi !!!» En effet le vin de M. Kubler, la cuvée Breitenberg, est issu d’un très beau terroir alsacien, et le travail de vinification faire ressortir une force de caractère porté par une belle trame acide. Ça vibre dans le flacon !

Mais il n’y a pas que du vin sur les Vertivinies, il y avait aussi Régis qui m’attire avec des effluves de fromages grillés de pain roussi et de petites charcuteries bouillantes. Toast et Moi (c’est le nom de sa structure) nous propose un petit appareil à Tapas ingénieux, et au design agréable pour rendre nos apéritifs au jardin vraiment appétissants. On pose sa petite tartine et on attend que ça chauffe. Sans besoin de la fée électricité on grille les saumon, chorizo, les meilleurs fromages, tomates, champignons les variations se font à l’infini en fonction des goûts de chacun. Un verre de blanc du domaine Cormerais, qui par sa fraîcheur glisse le long de mon palais et s’accorde divinement bien avec les gras des mini tartines.  On cause, on cause mais le temps passe …

Je n’ai pas le temps de faire un passage au stand des chocolats qui me font frémir,  et je sens que je vais être obligé de laisser de côté plusieurs appellations, afin de tracer une route rapide et très personnelle, juste avant que la fin du salon n’arrive.

Le goût des belles choses en Anjou

Il y a des hommes et des femmes qui n’ont plus rien à prouver mais dont les convictions restent tellement fortes que leur vie ressemble à un très beau combat sans relâche. Et on serait prêts à s’enrôler à leurs côtés. C’est le cas des époux Delesvaux, bien que leur domaine  en Anjou cumule les étoiles et les réussites, ils refusent de relâcher leur engagement. Vignerons bio et biodynamiques, ils livrent des cuvées d’exception. Ceux qui ont eu la chance de fréquenter Angers début février savent ce qu’on leur doit. Notamment le magnifique petit salon du Grenier Saint Jean et La Levée de la Loire. Certains vignerons des vignes d’à côté seraient certainement prêts à reproduire la générosité dont ils ont pu profiter après le terrible événement climatique qui a anéanti leur récolte.

Deux vins blancs ressortent pour moi ce jour là : Feuille d’Or 2015, un chenin sec racé et très aromatique que je retiens et la Sélection de Grain Noble 2010 un Coteau du Layon qui fleure bon les arômes de fruits mûrs miellés (abricot, ananas, raisin) tout en restant digeste, long et frais en bouche. Un vrai Dessert Wine comme le goûtent les New Yorkais. Encore une blague avec Philippe, un dernier éclat de rires et je prends congé.

Il est temps pour moi de retourner aux Tapas avant d’attaquer une dégustation des rouges.

Hors du temps

L’ambiance du salon est familiale, bon enfant et respire un art de vivre à la française teinté d’accents Ligérien, il y a cet environnement au cœur du vignoble, au Château de la Frémoire, des bénévoles efficaces se sont mêlés à un public varié d’œnophiles avérés, de cavistes du coin, de restaurateurs et de promeneurs. On ne voit plus le temps passer. On en oublie la pluie à l’abri du barnum en compagnie des affiliés à la confrérie des amoureux du vin.

Une visite Savoyarde

Les vins blancs sont aromatiques mais dans la discrétion, le rouge est une vraie explosion de liqueur de fruits noirs avec une persistance inconnue qui rappellerait des Fleuries de grandes années solaires, mais nous sommes en présence d’une Mondeuse Arbin 2015 du Domaine Céline Jacquet. Cette jeune vigneronne expérimente sur quelques hectares près de Chambéry, avec fougue et toute la sensualité du palais féminin ; elle cherche à élaborer des vins d’infusion plus que d’extraction, avec des notes d’épices.

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Etape en terres Bordelaises

Quand on a la chance d’avoir des Bordelais qui nous rendent visite en terre de Loire, et qui de surplus sont en culture bio  et biodynamique, il ne faut pas s’en détourner bien au contraire ! Car il y a du renouveau en Gironde et ceux là pourraient bien faire partie des chouchous dont nous vénéreront les bouteilles dans quelques années. Ainsi, les cuvées du Domaine de Fougeroux sur des millésimes un peu anciens (2010 ou 2011) sont déjà des guerriers solides, bâtis pour la garde et qui sauront nous régaler dans quelques lustres. Bruno Richard, adepte du labour et du labeur acharné, sachant préserver l’intégrité de ses ceps de vigne, est un vigneron pointu, passionné et de caractère, qui sait défendre des valeurs engagées. Ses vins sont résolument expressifs.

Du Château le Geai, le Bordeaux Supérieur Cuvée Tradition 1900 en 2009 est un concentré du savoir des vignerons assembleurs. Henri Duporge nous propose avec son merlot, son cabernet sauvignon et sa pointe de carménère un vin nous offrant une bouche profonde, suave et fruitée, enveloppante mais qui sait rester digeste. Un très bel équilibre qui se boit dès aujourd’hui facilement sur un onglet grillé, ou encore ce mystérieux rôti de bœuf à la braise qu’Henri nous propose.

Je file vers le sud 

Je monte en puissance en allant m’attarder devant des Côtes du Rhône Villages Sablet de chez Fréderic Meffre qui produit des vins séveux, puissants à la trame longue, animale et épicée mais que je trouve encore frais. Car à chaque vin il faut un plat qui lui rende hommage. Je flaire déjà cet agneau de Pâques, grillé et accompagné des pommes de terre de Noirmoutier avec un verre de la cuvée Vieilles vignes 2014. Le vin fait rêver, pas de doute là-dessus et celui du Domaine de la Fontaine aux Fées me conte bien des histoires.

Mais j’entends déjà les vignerons qui referment leurs cartons s’apprêtant à retourner dans leurs domaines auprès de leurs vignes. L’après midi est passée. Mon tour de France des vignerons s’achève sur une frustration que je connais bien, celle de devoir attendre Les Vertivinies 2018 pour  essayer de finir ma balade une étape plus loin. Car je suis venu, j’ai vu mais je n’ai pas vaincu…

Article rédigé par : Jean-Luc Poignard.

Crédit Photo : Olivier Blaiteau.

Compte rendu : Séance Dão (Portugal)

Moultes comptes rendus en retard. Voici celui de la séance dédié au vignoble portugais de Dão du 9 février dernier. Il s’agit de ces séances rares et précieuses qui font partie de celles que seul un club de dégustation comme Vertivin peut se permettre. La séance a été naturellement marquée par l’acidité caractéristiques des rouges portugais qui offre de belles fraîcheurs en bouche. Pour ma cave personnelle, je sens je me tournerais volontiers vers la Quinta da Vinha Paz qui offre le meilleur rapport qualité-prix de la série et dont les capacités de garde me paraissent très satisfaisantes. L’âge améliore naturellement considérablement les vins de Dão : en aurait-on douté ?

Dão Quinta das Marias, Encruzado 2015
Nez fruité, laurier, floral. Bouche assez chaude, légèrement vive et notablement amère. Bien ++ (0 points)

Dão, Quinta dos Carvailhais, Encruzado 2015
Léger boisé (noisette), bouche souple, moins chaude. Toujours un caractère vif-amer finement boisé. Bien ++ (6 points)

Dão Quinta das Maias, Malvasia Fina, 2014
Nez floral, blé, assez discret légèrement réducteur au premier nez. Après aération, notes fruitées bergamote, agrume qui rappelle certains Rieslings. Un peu chaud en bouche, la rareté de l’acidité rend la bouche un peu courte. Singularité du cépage j’imagine. Malgré cela c’est un vin bien équilibré. Bien ++/Très Bien (1 point)

Dão, Casa de Santa, Condessa de Santar 2012
Nez très boisé, ananas. Bouche grasse, compacte. Légère vivacité acidulée. Un vin assez chaud. Finale un peu planchue. Bien + (17 points – Vainqueur du collectif ce soir)

Dão, Allianca, Quinta da Garrida Reserva 2013
Nez très caractéristique de zan, de caramel. La bouche est un peu sucrée. Très travaillée, onctueuse. La finale est très aromatique : fleur, canelle, cacao. Une vinification assez internationale. Bien + (1 point)

Dão, Vinha Paz, Reserva 2012
Nez fermé, légèrement boisé, pin frais. La bouche est ferme, vive, le tanin harmonieux. Très propre, souple et bien tendue. Très Bien + (10 points)

Dão, Casa de Mouraz 2011
Nez très singulier assez complexe de jambon fumé assez floral. La bouche est légèrement sucrée, le tanin est assez fin, poudreux. Goute bien. Très Bien  (2 points)

Dão, Julia Kemper, Touriga Nacional 2011
Nez assez classique très ressemblant à un Douro. (fruit, bois léger). La bouche n’a pas l’once d’un sucre perceptible pour une fois mais la bouche reste singulièrement gourmande avec beaucoup de chair, un tanin fin, encore serré qui invite à la garde. Vif en finale. Très Bien + (5 points)

Dão, Quinta de Lemos, Alfrocheiro 2010
Premier nez un peu réduit, poussièereux puis notes de cendres, de thym et enfin après aération de confiture et de chocolat. La bouche offre un tanin rude et un peu rustique avec de puissants amers. Bien ++ (12 points)

Dão, Quinta da Fata, Touriga Nacional 2010
Nez très typé Douro encore. Légèrement boisé il donne une impression acidulée au nez… En bouche le bois se fait un peu dominant malgré un beau fond et une belle structure sans doute porté par un peu plus de glycerol de l’alcool. (plus chaud en bouche). Toujours vif en finale ; assez amer également.  Bien++/Très Bien (13 points)

Dão, Paço dos Cuhnas de Santar, Vinha do Contador 2009
Nez intense, concentré. Bouche crémeuse. Tanin fin : une trame tannique très serrée. Un vin puissant sans être chaud ni boisé. Un vin de garde et de grande garde. La structure force l’admiration. Pour autant en boirait-on tous les jours ? Très Bien (3 points)

Dão, Quinta da Falorca, Garrafeira 2007
Nez frais et boisé qui rappelle encore une fois les vins voisin du Douro. La bouche est juteuse, viandée, tendue, vive. Beau tanin ferme et intense. Belle finale. Très Bien ++ (14 points)

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Vertivinies 2017 : c’est le 11-12 mars !

La date approche : vous avez rendez-vous le  Samedi 11 mars de 14h à 20h et le Dimanche 12 mars de 10h à 18h pour la cinquième édition du salon « Les Vertivinies ».

Vous y retrouverez nos 20 vignerons sélectionnés, des animations gratuites, un nouveau jeu-concours, plusieurs stands en sous-sol : chocolat, librairie, toast et moi, une restauration de fouées sucrées et salées tout le week-end. Vous goûterez dans des nouveaux verres de verre type Expert. Grace à deux grands barnums vous circulerez plus facilement entre les vignerons.

Retrouvez tout le programme sur http://vertivinies.fr/
Vignerons invités

ALSACE, Domaine Kubler, Philippe Kubler
« Nous avons adoré tous les vins du domaine en 2013 » Bettane & Desseauve

BEAUJOLAIS, Brouilly, Domaine Romain Jambon, Romain Jambon
« Romain Jambon a commencé en 2010. Il exploite un domaine de sept hectares d’un seul tenant et à 100 % dans le cru brouilly. Un travail soigné à la vigne et des cuvaisons longues (deux à trois semaines) donnent des vins consistants, charnus et harmonieux » Le Point

BRETAGNE, Cidre, Domaine Johanna Cécillon, Johanna Cécillon
« La cuvée Nérios, de Johanna Cécillon, idéale sur des produits de la mer avec sa finale iodée » La Revue des Vins de France

BERGERAC, Julien Auroux
Un vin plein de générosité.” La Revue des Vins de France

BORDEAUX, le Château Geai, Henri Duporge
“A l’arrivée, c’est le buveur qui se régale” Guide Amphore des Vins bio 2017

COTE DU RHONE, Sablet, Domaine de la Fontaine aux Fées, Frédéric Meffre
“Les vieux grenaches font leur effet, le chêne sur la syrah aussi. Vin ample et construit, où matière et fruit font bon ménage.” RVF

CHABLIS &  IRANCY, Domaine Clotilde Davenne
“C’est avec les vieux pieds que l’on fait les meilleurs vins ! Clotilde Davenne le sait, elle qui est allée chercher ce coup de cœur dans ses vignes centenaires, à l’origine de magnifique cuvées.”

CHAMPAGNE, Domaine Rollin
Nominé au Trophée des Jeunes Talents de Champagne.

LANGUEDOC ROUSSILLON : Cabardès, Domaine Taluos, Eric Soulat
« Il signe de jolis vins »  Bettane et Desseauve 2016

SAINT CHINIAN, Les Terrasses de Gabrielle, Olivier Pascal.
« Rameutez les copains, prévoyez large » Bettane et Desseauve 2014

ROUSSILLON, Domaine Modat, Quentin Modat
“Viticulture irréprochable, vinifications respectueuses, beaucoup d’intelligence et de modernité au service de la tradition et de l’authenticité”. Bettane & Desseauve ** . Culture bio. Coup de coeur 2013.

LAYON/ ANJOU, Domaine Delesvaux, Catherine & Philippe Delesvaux
“Certifié en biodynamie depuis 2005, le domaine de Philippe Delesvaux et son épouse Catherine est passé maître dans la sélection des chenins passerillés et botrytisés, en s’interdisant toute chaptalisation” RVF

MUSCADET SEVRE ET MAINE, Domaine Michel Brégeon, Fred Lailler
« L
’icône de la jeune vague » Denis Hervier En Magnum

FIEFS VENDEENS – BREM, Domaine des Granges Delphine et Christian Nobiron

SAINT POURCAIN, Les Terres d’Ocres, Florent Barichard,
« Coup de Coeur RVF spécial millésime 2013 »

SAUMUR Puy Notre Dame, Mélaric, Aymeric Hilaire « Les vins sortent de mieux en mieux dans nos dégustations à l’aveugle. » Bettane et Desseauve 2015

SAUMUR CHAMPIGNY,  Loic Terquem, domaine de la Folie Lucé
« Il travaille en “bio” sur 4 hectares et ses vins présentent dès le départ un grain fruité particulier attirant. » Le Point

TOURAINE, Les Pierres d’Aurèles , Pierre Andrè Frot
« Leurs vins dans les deux couleurs flamboient. » RVF spécial millésime 2012

SAVOIE, Domaine Céline JACQUET
« Coup de cœur pour ce vin de Savoie minéral, croquant, pur et droit » Guide Gerbelle et Maurange 2015 “Voici une découverte dans ce jeune domaine à l’avenir prometteur” RVF

Places libres séance Dão jeudi 9 février 2017

Il y a quelques places libres pour une séance Vertivingstone dédié au vignoble portugais de Dão ce jeudi 9 février 2017 à 20h30. Ce sont des vins singuliers : des rouges intenses, tanniques et nerveux et des blancs souvent un peu oxydatifs.

Cela fait partie des séance rares et dépaysantes de Vertivin. Je ne sais pas quel amateur ou professionnel français a pu goûter dans une même soirée 12 Dão des plus beaux domaines d’affilée dans une même soirée. Quel caviste un peu curieux ne rêverait pas de se faire une opinion sur une telle appellation. C’est la chance des gros clubs comme le notre et cela ne se reproduira pas de sitôt !

 

Tarifs adhérent : 8€ – Non Adhérent : 15€
Contactez-moi si vous êtes intéressés.

Soirée Vertivictuailles à la Raffinerie

 

 

Après la 1ere soirée du groupe Vertivictuailles sur le thème des accords vins et chocolat, la 2e soirée a été l’occasion de donner carte blanche au chef Nicolas Bourget de la Raffinerie.

La soirée  était placée sous le thème du cochon, des épices …et des vins non sulfités tant le chef a pris l’habitude de servir ce type de vin: Lire la suite

Compte-rendu : Séance Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges

Séance Gorges pour Verticadet… et oui finalement nous n’avions jamais fait de séance dédiée au cru Gorges malgré les multiples verticales chez divers vignerons gorgeois. C’est désormais chose faite.

Pour rappel, les vins du cru du Muscadet « Gorges » sont situés sur des parcelles sélectionnées situés essentiellement sur la commune de Gorges. Quelques bandes de terrains débordent sur les communes limitrophes.

Ce qui fait la singularité des vins de Gorges c’est d’être situé sur des terrains de Gabbro. Le gabbro est une roche plutonique (comme le granit) qui contient les mêmes minéraux que le basalte… on pourrait dire que c’est la même roche sauf que le Gabbro a lentement refroidi avant d’arriver à la surface alors que le basalte a refroidi brutalement à la sortie des volcans. Ce caillou est réputé pour sa masse importante. Le Gabbro comme toute roche, s’altère au contact de l’air, la pluie, et les frottements…. En s’altérant le gabbro a la particularité de générer beaucoup d’argile (alors que le granit génère beaucoup de sable). Les parcelles du cru Gorges sont donc assez argileuses et le climat y est assez frais. Ce qui a conduit à des caractéristiques singulières en viticulture et en vinification :

  • d’une part les terrains de Gorges restent compliqués à travailler (labour) : les sols argileux deviennent compacts en cas de faible hygrométrie; tandis qu’un tracteur ne peut pas passer s’il y a trop d’eau. Les vignerons bios de Gorges méritent notre respect pour leur travail : c’est un des terrains les plus compliqués du vignoble nantais.
  • les sols argileux peuvent être fertiles. Un peu d’enherbement permet de réduire subtilement la fertilité de la vigne (mais pas trop non plus). Quelques vignerons s’y sont essayés.
  • qui dit argileux dit aussi qu’il faut éviter les sols hydromorphes. Pour évacuer les surplus d’eau, il est nécessaire d’avoir de la pente : toutes les parcelles du cru communal Gorges sont situées dans des zones en pentes (furent-elles légères). C’est impératif.
  • qui dit argileux dit une vigne régulièrement approvisionnée en eau. A ce titre, le léger stress hydrique qui déclenche la maturation des raisins est plus tardif. Donc ces terrains sont tardifs. Pour obtenir une maturité dans les standards actuels, il faudrait récolter relativement tard : ce que ne font pas les vignerons de Gorges (au contraire des vignerons de Mouzillon sur les mêmes terrains). Les vignerons de Gorges récoltent tôt et donc produisent des vins assez acides… même si le réchauffement climatique se fait aussi sentir à Gorges. C’est en comparant les millésimes 2000 aux millésimes 1990 qu’on s’aperçoit que les vignerons de Gorges vinifiaient du citron avant 2000 et qu’aujourd’hui, les Gorges se civilisent.
  • qui dit vigne régulièrement approvisionnée en eau dit aussi que les millésimes chauds comme 2005 ou 2009 qui peuvent être un peu mous dans d’autres endroits du Muscadet ont un superbe équilibre à Gorges.
  • qui dit vins assez acides dit à Gorges un usage d’élevages longs qui permet à l’acidité de se polir. C’est la deuxième face de la typicité… qu’il ne faudrait pas perdre. Car à Gorges, il faut prendre son temps. On a goûté les 2012 et ce sont encore des vins qui doivent se bonifier. 2010 commence à bien se goûter en revanche.

Les vins de Gorges, nous en avons encore eu la confirmation ce soir, sont des vins singuliers, rares, uniques en France et au monde. Certains de ces vins ne sont pas faciles à aborder pour des débutants. Ce sont des vins de grande gastronomie : les rares vins à supporter l’oursin et nombre de légumes d’hiver. C’est une part de notre patrimoine à préserver et à chérir.

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Domaine Michel Brégeon, Les Vigneaux 2013
Nez végétal, fougère, chèvrefeuille, vanille. L’attaque offre une matière assez consistante, et la bouche est vive, cinglante et tendue. C’est un équilibre citrique quand même assez perforant et il y a de beaux amers finaux qui structurent la finale. C’est un bon vin destiné plutôt à un public averti. Ici l’élevage, plus court que ce à quoi le domaine nous avait habitués n’a pas eu le temps de faire son travail de polissage. C’est un Gorges authentique dans son nez et son équilibre qui s’inscrit dans la lignée des vins du domaine. C’est un bel exercice sur un millésime 2013 pas nécessairement aisé. C’est un peu trop tôt pour le boire. Espérons que le vieillissement en bouteille compensera son élevage en cuve. Très Bien (1 point) – à revoir plus tard.

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Château Elget, Gilles Luneau 2012
Le nez est élégant où l’on sent des arômes fin et discret de fenouil. (fenouil cuit d’ailleurs. C’est moins romantique mais bon). La bouche est assez onctueuse, un peu beurrée qui le singularise. Gras, relativement vif, il présente des amers puissants sur lesquels s’appuie une belle longueur en bouche. Il faudra le regoûter plus tard. Bien ++ (4 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Domaine Christophe et Brigitte Boucher 2012
Encore un joli nez net mais encore discret, fermé…ce que je trouve être une habitude chez les Gorges du domaine.  C’est un vin tranchant, très ciselé. Nettement moins d’amer que le précédent vin. Plus de gras et d’épaisseur n’aurait pas nuit toutefois. Bien ++/Très Bien (6 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Domaine Auguste Bonhomme 2012
Nez réduit, odeur un peu dérangeante de boîte de camembert vide qui ne donne pas l’impression d’un nez super net… La bouche en revanche est très agréable. Riche, onctueuse avec une tension acide et amère bien intégrée au vin… en rétro-olfaction les arômes du nez reviennent et dérangent un peu. Je ne sais pas bien quoi en dire c’est un équilibre en bouche vraiment séduisant mais ce nez… bon disons .Bien ++ (0 points – une telle réduction est un peu discriminante)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Domaine Martin Luneau 2012
Arômes boisés-vanillé comme il arrive souvent à certains Gorges même s’ils n’ont jamais vu de douelle. Un peu réducteur au nez toutefois. La bouche est fraîche, menthée, assez grasse et même enrobante. La finale est tranchante et vive. Assez peu d’amers. Longue rétro-olfaction. Un équilibre assez séduisant même si 2-3 ans de garde ne peuvent que lui faire du bien. Très Bien (2 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Domaine Vincent Caillé 2012
Nez assez ouvert ou l’on retrouve en premier nez des arômes typiquement gorgeois (lierre, fougère, fenouil) mais au deuxième nez on distingue des notes plus pâtissières. En bouche, un léger Co² résiduel et surtout une bouche assez cuite, gourmande qui donne une sensation de maturité. La finale est marquée par un puissant arôme d’amande amère. C’est un vin moins vif, moins amer, plus rond… une bouche plus atypique. C’est un vin qui s’est singulièrement ouvert depuis la dernière fois ou je l’ai goûté. Très Bien (3 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Château de la Gravelle, VGC, 2010
Le nez est ouvert mais très oxydatif. Bouche assez mure, CO², pas de longueur comme s’il y avait eu une fermentation malolactique dans la bouteille. L’ensemble fait très déséquilibré. Problème de bouteille ? J’ai décidément du mal à goûter un bon Château de la Gravelle. J’ai à chaque fois l’impression de goûter des vins qui on un pet de travers. Moyen (0 point)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Damien Rineau 2010
Nez aromatique d’une rare précision. Chèvrefeuille, « mineral. Droit. Très Gorges. La bouche est fraîche, joli volume/épaisseur en attaque, bouche vive, précise, effilée. Un vin long tendu et claquant. Finale fumée. Sacré bel équilibre. Ce vin s’est superbement bien ouvert depuis la dernière dégustation. Très Bien ++ (11 points et vainqueur du collectif ex aequo ce soir)

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Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Gilles Luneau 2010
Un vin réducteur et même réduit. Boîte de camembert, animal presque bestial, rance. Le nez me picote. La bouche est assez tranchante sur un équilibre vif-amer. C’est un vin compliqué en l’état. Moyen/bien (0 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Gille Luneau 2009
Les millésimes se suivent et ne se ressemblent pas chez Gilles Luneau. Certes les millésimes sont différents mais plus de régularité dans la vinification n’aurait pas nuit… Arômes plus tertiaires de caramel brulé, végétal, fumé, menthol. Bouche agréable. Jolie texture, bouche puissante et très tranchante, très vive. Une vraie structure gorgeoise. Très Bien + (3 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Martin-Luneau 2009
Joli nez précis de fruits du verger avec une petite note de menthe. La bouche est assez cuite, enrobante. De beaux amers structurants, une vivacité bien équilibrée. Un équilibre assez gourmand. Du bon travail. Très Bien + (7 points)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Denis Charbonneau 2009
Nez intense de fruit un peu cuit, mangue cuite qui lui confère un air autrichien. Fines notes herbeuses plus aériennes. La bouche est mure, fruit cuit, gourmand tout en étant magistralement tendue. Belle longueur aromatique. Très Bien ++ (11 points et 2e vainqueur du collectif ex aequo ce soir). Et on notera que dans l’ensemble le millésime 2009 offre des vins plutôt convaincants sur Gorges.

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Martin-Luneau 2001
Ce sera une gamme sûre et régulière que nous auront servi les frères Martin-Luneau ce soir. Le nez est végétal, herbe, chevrefeuille, menthe, puis des notes empyreumatiques plus caramélisées et fumées. La bouche est naturellement plus évoluée sur une structure vive, citrique, tannique assez peu d’amers. L’âge a un peu arrondi les angles. Très Bien

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Damien Rineau 2000
 Très joli nez empyreumatique avec des notes de champignon blanc, d’herbe et de fumée. C’est un vin très très vif, très citrique pas très gras ni très puissant. Typique mais un peu rude. Bien ++/Très Bien (1 point)

Muscadet de Sèvre et Maine-Gorges, Damien Rineau 1996
Nez de menthe, fruité, fruit confit. Bouche très très vive, la bouche se rétracte comme une huitre au contact du citron. Un vin très tendu, texture assez crémeuse. Public averti. Très Bien (4 points)