Compte-rendu de dégustation : séance Vins Jaunes

Voici le compte rendu de la séance Libertivin dédié aux Vins Jaunes.

Ce n’est pas si fréquent de mettre quatre vins jaunes à la suite dans nos contrées. On n’a pas choisi les moins bons sur le papier. Forcément le niveau est élevé… on trouvait ça dommage de goûter 4 jaunes d’exception sans s’ouvrir une simple bouteille histoire de se faire le palais et de réinitialiser nos calculateurs en vins jaunes. Donc on est allé chercher un vin jaune basique chez Super U avant de commencer. Ça fait un peu bizarre forcément pour ceux qui nous lisent.

Côte du Jura, Vin Jaune, Marcel Cabellier 2007

Nez oxydatif assez puissant. La bouche laisse la sensation d’une légère sucrosité et surtout d’une dilution importante. Rétro naturellement longue sur des notes oxydatives curry et brou. Sensation alcooleuse (alcool à bruler). Pas très concentré mais bon… Bien

Arbois Vin Jaune, Stéphane Tissot, Les Bruyères 2007

Nez discret (pour un jaune) assez fin de beurre et de noix fraîche. La bouche est ample construite tout en largeur. Notes de figues cuites. Curcuma. Un vin très maîtrisé qui laisse une impression de douceur et de délicatesse. Un vin qui devrait tutoyer les sommets avec un peu de vieillissement supplémentaire. Très Bien ++ (7 points)

Château-Châlon, Vin Jaune, Domaine Macle 2006

Nez assez animal assez peu aromatique, peu marqué par l’éthanal ; Texture onctueuse. Beaucoup de douceur en bouche. Vraiment une sensation d’un vin très délicat, très ciselé construit sur des amers. Touche de verveine en rétro-olfaction. Très Bien + (1 points)

Côtes du Jura Vin Jaune, Domaine Ganevat 2005

Éthanal plus marqué au nez, feuille d’infusion séchée (tilleul séché). Attaque très douce, très arrondie, crémeuse. La finale est assez complexe, bien tendue marqué par l’éthanal, la noix. Très Bien + (6 points)

Arbois Vin Jaune, Domaine Jacques Puffeney 2001

Nez très aromatique, très frais : menthe, verveine, noix, tilleuil. Encore attaque en texture en bouche très douce très texturante. La bouche est très concentrée, compacte, riche. La texture est longue en bouche se termine sur des notes de miel et de verveine. Excellent (10 points)

Sortons encore samedi 12 décembre.

Encore une idée de sortie : Christophe Bosque, adhérent assidu de Vertivin est grossiste en vin : sa boîte s’appelle ViniLibre. Il distribue sur Nantes moultes domaines intéressants comme Cosse-Maisonneuve de Cahors, Chantal Lescure en Bourgogne, Clusel Roch en Côte Rôtie, Roc D’Anglade en Languedoc, Julien Braud en Muscadet… et j’en passe.

Il fait ses portes ouvertes le samedi 12 décembre de 10:00 à 18:00 11 le bas Fief 44190 Gorges, il fera un peu de vente directe et profitera de l’opération pour lancer une nouvelle gamme de vins en monocépage.

Le slogan est prometteur.

Compte-rendu de dégustation : Cidres de Cornouaille

C’est avec un immense plaisir que nous avons accueilli Mark Gleonec, ambassadeur, chantre, que dis-je, barde de l’appellation AOC Cidre de Cornouailles. Il y a deux AOC dédiées aux Cidres aujourd’hui : Pays d’Auge (en Calvados) et Cornouaille en Penn-Ar-Bed. Cornouaille est AOC depuis 1996 après 16 ans de tractations.

Il sera question de pommes et de pommiers lors de cette séance. Sous les yeux de l’adhérent docile, a défilé une litanie de pommes et pommiers entrant dans l’Appellation : Kermerrien, Marie Ménard, Prat Yeaod, C’Huéro Briz… Une douzaine de variétés (seulement les principales, on aurait pu y passer la nuit) y sont passées avec leurs caractéristiques, leurs légendes, leur terrain de prédilection et leur étymologie. Mais pourquoi nous raconte-t-il tout cela ? Hé bien parce que la pomme, au-delà du terrain ou de la cidrification, c’est le nerf de la guerre. Parce que les pommes comme tout fruit du verger, certaines années, ça donne, d’autres années ça ne donne pas ! Un petit aspect aléatoire que les vignerons sont heureux de ne pas connaître avec la vigne. Alors même que l’AOC demande une typicité de cidres aromatiques fruités, demi-sec, légèrement amer, tannique et pas trop pétillant, il faut l’obtenir avec des variétés de pommes différentes d’une année sur l’autre… autant vous dire que l’assemblage champenois doit paraître d’une joyeuse rigolade quand on pense aux assemblages à réaliser pour obtenir un cidre de Cornouaille cohérent.

Autant dire que l’année a une importance fondamentale : chaque assemblage sera différent d’une année sur l’autre et les qualités organoleptiques du produit forcément différentes. Autant dire aussi que la mention du millésime serait largement plus utile sur un cidre de Cornouaille que sur un vin de Jurançon. Ce n’est pas le cas actuellement. Gageons que l’INAO saura comprendre en temps utiles la pertinence  d’une telle mention.

Il n’y a guère plus d’une dizaine de cidrerie qui font de l’AOC Cornouailles. La commercialisation est essentiellement locale. La valorisation du produit est encore faible. Rares sont les Cornouaille qui arrivent à 6€… Il faudrait pouvoir vendre un peu partout en France voire exporter pour viser une valorisation plus juste des Cidres de Cornouaille. A ce titre, il y a certainement encore des marges de progression sur l’AOC… Notez qu’il n’existe pas en France de Caviste spécialisé en Cidres. Vu ce que nous avons goûté ce soir, on ne peut s’empêcher de se dire que c’est très dommage. Le cidre de Cornouaille mériterait mieux.

Les cidres proviennent des récoltes 2014. Comme d’habitude, les commentaires “Bien/Très Bien” sont les miens et les points proviennent de la répartition des trois points attribués par chaque participant aux trois cidres qu’ils ont préférés. La sélection est effectuée par le CIDREF que je remercie grandement au passage.

En entrée un cidre hors AOC.

Cidre Fermier, Jean-Michel Tanguy, Cidrerie du Pays des Avens

Nez balsamique, animal, miellé. La bouche est douce, un léger tanin malheureusement dominé par une présence de brettanomyces… Cela étant, les brett sur du cidre, cela a un petit côté madeleine de Proust du tonneau de cidre de mon grand-oncle (ma première cuite)… c’est moins rédhibitoire que dans le vin pour moi. Bien (1 point)

Cidre de Cornouaille, Jean-Michel Tanguy, Cidrerie du Pays des Avens

Un nez sur de la croute de brioche un peu balsamique. La bouche offre une plus belle consistance. La bouche est demi-sèche, pourtant la bulle fuit assez vite en bouche et laisse une sensation légèrement sèchante portée par de légers tanins. Bien ++ (8 points)

Cidre de Cornouaille, Cidrerie Gilles Goalabré, Au Pressoir du Belon

Joli nez floral, un peu tourbé qui s’ouvre sur des aromes de pomme fraiche à l’aération. La texture est assez crémeuse, la bouche est plus sèche, elle offre des amers riches, des tanins assez présents et surtout une longue rétro-olfaction florale, fruités et tourbée assez complexe. Très Bien ++ (16 points)

Goalabré

Cidre de Cornouaille, Manoir de Kinkiz

Nez de café, tourbe, floral, fruité pomme-pêche assez intense. La bouche est un peu brutale : amers, sucrosité plus appuyée. Du tempérament mais une bulle un peu fuyante qui rend la rétro-olfaction un peu plus courte. L’amertume/tanin colle un peu en bouche. Bien ++ (6 points)

Cidre de Cornouaille, Cidrerie Menelig, Ruz

Menelig est la seule cidrerie bio de l’appellation. C’est un cidre filtré et cela change tout au niveau de la couleur : la robe est claire. Le nez est très singulier : il offre un nez de pomme tapée, de cire et de tourbe. “la pomme est ramassée très mure ici” nous dit Mark. En bouche les tanins sont bruts et les amers puissants. Les amers laissent nettement une sensation de peau de pomme mâchonnée. L’ensemble est relativement plus trapu. Il appelle le repas. L’expression est sans doute moins typique mais intéressante. Très Bien (16 points)

Cidre de Cornouaille, Les Vergers de Kermao

C’est un joli nez fruité et pimpant que nous avons là. La bouche est ronde et légère : pas beaucoup de tanin, pas beaucoup d’amers. Tout est dominé par une persistance aromatique très prononcée. La rétro-olfaction offre de longs arômes fruités. Plaisant mais il faut éviter de manger avec. C’est le cidre du goûter. Très Bien (7 points)

Cidre de Cornouaille, Cidrerie de Menez Brug

On retrouve ici un cidre très aromatique : fruits blancs, verveine, agrumes, floral : un nez joliment complexe. Belle matière en bouche : de la densité, une jolie bouche tannique. Un peu plus d’amers n’aurait pas nuit mais c’est un très joli cidre. La rétro-olfaction très aromatique est longue porte bien le cidre en bouche.  On nous suggère une crème de blé noir aux coquilles Saint Jacques pour accompagner cela… Gargl c’est tentant. Très Bien + (13 points)

 

 

Encore trois places pour le groupe Vertivictuailles

Trois places sont encore disponibles pour le groupe Vertivictuailles qui débute le 19 janvier. Ce sont 4 séances (les trois autres sont le 8 mars, le 19 avril et le 10 mai) dédiées aux accords mets et vins. 2 séances se dérouleront dans des restaurants et 2 séances au château de la Frémoire plutôt avec des aliments ou des préparations traiteurs et sans doute avec un peu de théorie sur les gammes d’accords.

Ces 4 séance coûtent 120€ (restaurants, traiteurs et vins compris) auquel il faut rajouter 15€ d’adhésion à Vertivin pour ceux qui ne seraient pas encore adhérents (20€ pour un couple).

Ceux qui sont intéressés peuvent me contacter pour réserver leur place.

Compte-rendu de séance Verdicchio des Marches en Italie

Voici une séance dédiée au cépage Verdicchio des Marches italiennes : sur les appellations Verdicchio dei Castelli di Jesi et Verdicchio di Matelica. La première est une grosse appellation en bordure de côte, la deuxième est une petite appellation de quelques centaines d’hectares à peine dans le piémont des Appenins bref dans la montagne : un terroir sensiblement plus frais.

Le Verdicchio, ce n’est pas un cépage très aromatique. Il semblerait d’après la littérature que le Verdicchio à l’instar de notre Muscadet gagne à vieillir. Il est hélàs assez compliqué de trouver de vieux Verdicchio sur le marché pour vérifier si le cépage est riche en précurseur d’arômes. Au demeurant pour les vins un peu plus anciens que nous avons eu, nous n’avons eu qu’à constater que le cépage offrait une intensité aromatique plus importante… mais il s’agissait aussi de vins aux rendements plus modestes… Le cépage offre en bouche une jolie structure, un caractère un peu chaud (l’alcool est souvent très perceptible), des amers notables et une acidité qui titille la glotte (heureusement sinon la perception alcoolique serait sans doute moins supportable). Cela en fait un cépage intéressant qui a sa place dans l’échiquier des cépages de premier plan.

Verdicchio di Matelica Borgo Paglianetto “Vertis”  DOC 2012

Premier nez reducteur assez peu expressif, la bouche donne une impression légèrement sucrée que peut conforter un léger perlant, une finale vive et acidulée. Un vin bien droit. Bien +(+) 8 points

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Riserva Umani Ronchi “Plenio” DOCG 2012

Nez assez marqué par l’élevage partiel en fût. L’ananas est dominant. La sucrosité est en revanche un peu appuyée en bouche sans doute à cause de la sucrosité apporté par le fût. Légère astringence “bois sec” selon mon voisin de droite. Amertume un peu appuyée… bon au demeurant pour le commun des mortel c’est un vin assez facile à boire. Bien (0 points)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Superiore, Garofoli  “Podium” DOC 2012

Nez assez peu expressif qui offre une attaque très large en bouche (gras, nappant, un peu chaud). Rétro-olfaction sur des notes de pèche-poire. Vif et assez nerveux en fin de bouche. Malgré la chaleur, un vin intéressant. Bien ++/Très Bien (0 points)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Riserva Marotti Campi “Salmariano” DOC 2011

Nez vraiment peu expressif. À peine j’entrevoie un bref arôme de bouillon cube dont on se demande d’ou il sort. Le jus est très rond en attaque, très vif, claquant, bien tendu. De jolis amers marqués. Bien++/Très Bien (3 points)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Riserva Moncaro”Vigna Novali” DOCG 2011

Nez assez expressif, fruité. La bouche offre un équilibre plus mur avec une légère pointe de CO² perceptible en bouche. La bouche est suave. L’acidité encore assez mordante. Amers notables. Bien++ (7 points)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Superiore Umani Ronchi “Vecchie Vigne” DOCG 2012

Nez fruité, fruits blancs. Bouche large et épaisse. Moins vif mais une acidité qui tend toutefois bien le vin en seconde bouche. En bref une impression de vin plus compact, aux rendements plus serrés mais la chaleur en bouche est aussi un peu plus présente. Très Bien (8 points)

Verdicchio di Matelica Riserva  La Monacesca “Mirum” DOCG 2012

Nez expressif, citron, arnica, fruits blancs. Notes miellées. Bouche crémeuse très intense, large, vive, tendue. Pointe d’amande en rétro-olfaction. Superbe équilibre d’ensemble. Très Bien++/ Excellent (20 points – vainqueur mérité du collectif ce soir. Il était aussi vainqueur de la séance Vertivinus dédié aux cépages italiens blancs autochtones)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Riserva Andrea Felici “Cantico della Figura” DOCG 2012

Nez citronné. Bouche aussi verticale que le précédent vin était horizontal. Vif, tranchant tout en longueur. Un peu plus d’ampleur n’aurait pas nuit mais l’expression est intéressante. Bien++/ Très Bien (14 points)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Riserva Villa Bucci DOCG 2010

Le boisé est assez discret au nez mais offre une palette aromatique un peu plus originale (Fruit, tilleul, tisane). Bouche très crémée, très épaisse toute en largeur. Notes d’amande en fin de bouche. Vif en finale. Il faut reconnaître que c’est un vin bien fait et de bonne concentration. Très Bien + (13 points)

Verdicchio dei Castelli di Jesi Classico Riserva Garofoli “Selezione Gioacchino” DOC 2008

Nez expressif, fruité, fruits blancs frais, zeste de citron. Attaque et bouche très dense, un peu chaude. Jolie compacité mais soutenu par un bel équilibre. Très Bien ++ (17 points)

Compte rendu : divers Muscadets lors de la séance “les pressoirs à longs fûts”

Groupe Verticadet : séance du 15 septembre 2015 :

Cette première séance de l’année pour le groupe Verticadet avait pour thématique un élément du patrimoine viticole en pays de muscadet : le pressoir à long fût.

Le groupe était accueilli par le propriétaire du château de l’Aulnaye à Vertou, qui abrite un des plus imposant spécimen de pressoir à long fût. Dans un premier temps avec un diaporama à l’appui, Jean-Pierre MAILLARD, président de l’association Forum et auteur de l’ouvrage Inventaire des pressoirs anciens du vignoble nantais, est intervenu pour nous présenter le fruit de son étude débutée en mai 2013.

PressoirLongFût

La séance s’est poursuivie par la dégustation d’un échantillon de muscadets de cru et millésimes divers.

– Domaine de Bellevue, Gétigné, J. Bretaudeau, granit 2014

Nez agréable, légèrement fumé, aux notes d’agrumes, d’iode, de fruits blancs ; jeune mais pas fermentaire. Belle matière en bouche, avec de beaux amers. Un Muscadet déjà joli bien qu’il ne soit pas encore à maturité. Bien ++/Très bien (2 points)

– Domaine Vincent Caillé, Vieilles vignes 2013

Nez complexe, amande amère et fruit sec, un peu phénolé. En bouche, un peu de CO2 à l’attaque, puis sur le fruit (abricot), vin puissant, peu nuancé ; finale un peu chaude. Bien + (0 point)

– Domaine de l’Ecu, Le Landreau, G. Bossard et F Niger Van Herck, Gneiss 2013

Nez riche, sur les fruits blancs (poire), notes racinaires, melon, gentiane, notes iodées, registre d’agrumes. en bouche, l’attaque est grasse, la matière est dense, et on retrouve les notes de gentiane et pomme verte. Ce vin, encore un peu fermé, est très homogène et équilibré. finale très longue sur des arômes d’agrumes. Très bien + (4 points)

– Branger, Maisdon/sèvre, terroir les gras moutons 2012

Beau nez, sur le fruit blanc et jaune (pêche de vigne, nectarine,…). En bouche, très léger perlant à l’attaque, développement aromatique puissant sur le fruit avec bel équilibre acidité/amertume. Un vin qui en a encore sous la pédale. Très bien (4 points)

– Domaine Guindon, coteaux de la Loire, Tradition 2011

Vin bouchonné. Dommage !

– Château de l’Aulnaye, famille Lieubeau, démarche cru Château-Thébaud 2010

Nez d’abord fermé, puis sur des aromes de fruits blancs (coing) à l’aération. Attaque en bouche un peu perlant et  sucrée, puis aromes de fruits exotiques (fruit de la passion) et fruits jaunes. Vin gras, mûr, peu acide (un peu de malo ?). Bien ++/Très bien (7 points)

– Domaine des Hautes Noëlles, Côtes de Grandlieu,  les Moineries 2010

Au nez, aromes de fruit à chaire blanche, pomme, miel. Bouche grasse, d’abord sur des amers et notes racinaires, qui se développe en s’élargissant sur le fruit. Vin pur et droit. Bien++/Très bien (3 points)

– Château de la Chauvinière, J. Huchet, granit de château Thébaud 2008

Beau nez fin, qui ne dévie pas. Attaque en bouche sur des amers, puis grosse acidité. Vin gras, mais un peu plat au niveau aromatique. Avec mon voisin, on se demande si la bouteille n’a pas eu un défaut et s’il  n’y aurait pas un léger bouchon. Bien ++ (0 point)

– Château de la Ferré, Vallet, Jérome Sécher, Vallet 2009

Pas pris de notes sur le nez (ce n’est pas bien !). En bouche, un peu chaud à l’attaque et présence de CO2. Ça pète bien ! Aromes de fruits du début à la fin ; avec une finale qui marque. Il y a peu de développement aromatique : ce vin est jeune et prometteur et mérite de s’assagir avec le temps. Bien++/Très bien (6 points)

– Domaine de la Pépière, Maisdon /Sèvre, Ollivier-Branger-Croix, cuvée 3 – 2009

Nez peu expressif, puis s’ouvrant sur des notes de pierre à fusil et de tilleul, puis citronnées et mentholées. En bouche c’est salin, avec des beaux amers et une très grosse acidité ; pour le moment la trame aromatique est très discrète et on distingue seulement des notes empyreumatiques (fumées). Ce vin aurait sans doute mérité un bon carafage. Gros potentiel à suivre. Bien++/Très bien (1 point)

– Château de la Preuille, St Hilaire de Loulay, famille Dumortier,  tête de cuvée 2005

Nez expressif sur le coing. En bouche c’est très mûr avec une sensation de sucre résiduel, sur des aromes de fruits exotiques qui commencent à tirer vers le rhum dilué. Bien++ (0 point)

– Domaine de la Poitevinière, Gorges, V. Rineau, 2004

Nez très évolué avec des notes d’armoire à pharmacie et de champignon. En bouche on retrouve cette impression avec un arome de colle. Mauvaises conditions de vieillissement ? Un problème de bouchon ? (0 point)

– Domaine de la Louveterie, la Haye Fouassière, Jo Landron, 2004

Nez d’abord fermé, puis notes balsamiques (thérébenthine) et enfin sur les agrumes. En bouche cela se tient, tout est en place. Ce vin, d’une belle tension, a gardé toute sa fraicheur. Finale sur de beaux amers. Très bien + (1 point)

– Château du Coing, St-Fiacre, famille Chereau-Ghunter, Comte de St-Hubert 1997

Point notable, la robe est très jeune (reflets verts).

Beau nez sur le fruit blanc confituré (pêche de vigne et poire), le zest confit et la propolis. A l’attaque on sent encore un peu de CO2 ; la bouche est ample, grasse avec un très bel équilibre acides/amers. Ce vin a gardé une certaine minéralité et on retrouve les saveurs d’agrumes ; final miellé. Très bien ++ (14 points, vainqueur du collectif)

Eric Guicheteau pour Verticadet

Compte-rendu : séance Ventoux

Ventoux est la 3e AOC du Rhône en volume, c’est une grosse appellation au rendement de base surprenamment plus élevé que les Côtes du Rhône générique. C’est une appellation vendue en grande partie en GMS et Hard Discount avec un réseau important de négociants et de coopérateurs polyculteurs. Mais c’est aussi une appellation riche en bons rapports qualité-prix quand on sait chercher les domaines intéressants. C’est un terroir adossé à la montagne et à ce titre un climat plus frais que dans la vallée du Rhône. Un terroir “d’avenir” comme le dit Sebastien Vincenti du Domaine de la Fondrèche en ces périodes de réchauffement climatique.

Ventoux, Domaine de Fondrèche, Persia blanc 2014

Abricot, poire et vanille fraîche, fleurs, légère réduction grillée. La bouche est fraîche, ronde en attaque, de légers amers, très floral en rétro-olfaction. L’ensemble donne un vin très  précis sur un modèle un peu réducteur… une sorte de Roussanne de Chablis. Très Bien + (9 points).

Ventoux, Domaine Alloïs, infiniment rouge 2013

Nez marin, volatile légèrement phénolé. La bouche est souple, un peu molle. Brettanomycès très présents en finale. Moyen (0 points)

Ventoux, Domaine du Pastre “L’instant Nat” 2014

“Sur le fruit” comme disent les cavistes. Nez avenant abricoté, la bouche est très souple, très légèrement moelleuse, assez gourmand, léger et facile. Se boit très bien. Un exercice “sans soufre” bien maîtrisé. (Le vin est jeune cela étant). Bien ++ (2 points)

Ventoux, Château la Croix des Pins 2012

Nez fruité, mure, truffe, très légèrement volatile sans gravité. En bouche le vin offre un équilibre classique. Une attaque en bouche légèrement moelleuse, le tanin est légèrement appuyé mais il reste souple et convivial. Léger et frais. Il se boit bien. Bien+/Bien++ (2 points)

Ventoux, Cave Aureto, Autan rouge 2012

Nez expressif de prune, de garrigue. L’attaque est ronde, élégante, la bouche est suave, gourmande. Une vinification très propre. On ne peut pas dire que ce vin a beaucoup de personnalité mais il offre une version propre et élégante d’un vin du Ventoux. Il ne décevra pas à table. Bien++ (2 points)

Ventoux, Domaine La Martinelle 2013

Nez fruité, un peu réducteur, la bouche est nette qui offre un tanin mieux structuré et plus fin que les autres vins dégustés à présents. Léger gaz carbonique en bouche peu perceptible mais qui permet une expression aromatique soutenue en rétro-olfaction (floral, violette). Un vin qui reste à la fois facile à boire mais bien mieux structuré que les vins qui ont précédé. Léger tabac en fin de bouche. Très Bien + (19 points – vainqueur du collectif ce soir).

Ventoux, Ferme Saint Pierre, Roi Fainéant 2012

Boisé marqué au nez, légèrement sucré (sucrosité de fût). Bouche dominée par le fût pour moi et la matière ne permet pas de le supporter. Je n’apprécie par beaucoup mais le groupe a apprécié. Bien (14 points)

Ventoux, Olivier B., Les Amydives 2012

Nez très expressif légèrement volatile de fruits cuits, pruneau macéré, tabac, qui dénote une maturité plus poussée que les précédents vins, une bouche assez cuite également, charnue, le tanin est très élégant, très serré. Les aspects murs et volatile peuvent en rebuter certains. Pour moi, c’est un vin dont l’élégante concentration dénote un travail consciencieux à la vigne. C’est un style qui fait un peu penser aux vins du Château des Tours. Longue rétro sur le pruneau cuit. Un vin très singulier au milieu des autres vins. Très Bien ++ (11 points)

Ventoux, Domaine du Tix, Cuvée de Bramefan 2012

Nez un peu vanillé. Le bois semble de qualité. La bouche est onctueuse, du tanin de bois, un légère sucrosité de fût mais le vin a de la mâche, de la tenue qui permet de supporter le bois. Un joli vin qui nécessite un peu de vieillissement  pour manger sa futaille. Très Bien (17 points)

Ventoux, Domaine des Cambades, Crépuscule 2012

Le boisé est assez marqué encore sur ce vin. L’attaque est assez sucrante. La bouche laisse une sensation d’extraction (ou de saignée un peu forte), la finale est marquée par des amers un peu dérangeants. Un vin qui n’est pas très élégant à ce jour. Bien (0 points)

Ventoux Château de Valcombe Epicure 2011

Nez balsamique marqué par de légères odeurs de gouache. La bouche est souple, le tanin très bien dessiné, structuré. Légèrement vif et bien tendu. C’est un vin doté d’un très bel équilibre en bouche. J’aurais apprécié un nez légèrement plus précis. Très Bien. (10 points)

Ventoux, Château de Fondrèche, Persia rouge 2011

Nez réducteur, grillé, torréfié. La bouche est ferme, matière fraîche et précise. Notes d’Eucalyptus, cannabis en rétro-olfaction.  C’est une jolie syrah sudiste… mais la Syrah sudiste n’est pas le vin que je préfère. Très bien. (10 points)

Verticadet Pressoirs à Long Fût : places libres

Vertivin démarre ce mardi 15 septembre ses activités par un atelier Verticadet dédié aux pressoirs à longs fût. Nombreux sont les participants qui attendent avec impatience de voir cette fameuse pièce monumentale du Château de l’Aunay.

photo Association culturelle Pierre Abélard; http://www.pierre-abelard.com/

J’ai peut-être une ou deux places disponible pour assister à cette séance. Pour réserver votre place contactez-moi (tarif adhérent 5€ – non adhérent : 7€)

Compte-rendu : séance Trousseau du Jura

Le dernier compte-rendu de la saison 2014-2015 aura trait aux Trousseau du Jura. Je n’ai pas trouvé le temps de le faire depuis le temps et pourtant ce compte-rendu me tenait à cœur tant la séance était de haute volée. S’il faut en rajouter, sur le Trousseau, il faut rappeler qu’il serait apparenté au Savagnin (ou Traminer) selon les dernières recherches ADN de l’INRA de Montpellier et qu’il n’aurait donc pas une origine du Sud-Ouest comme le pensait les ampélographes du début des années 2000. Il aurait été ramené dans le Sud Ouest mais aussi en Galice et au Portugal par des pèlerins de Compostelle. C’est un cépage marqué par sa structure tannique qui l’a souvent fait qualifier de cépage de garde. C’est un cépage enfin qui préfère avoir les pieds aux secs et de tous les cépages jurassiens c’est plutôt lui qui est planté sur les sols les plus drainants… ces fameuses Marnes grises ou bleues.

Côtes du Jura, Domaine Pignier, Trousseau 2013

Légèrement boisé, la bouche pinote agréablement. Souple, avenant, légèrement épicé en fin de bouche. Légère perception de gaz carbonique résiduel. Assez vif, pas excessivement tannique. Bien++/Très Bien (0 points)

Arbois Pupillin, Philippe Bornard, Le Trousseau 2012

Nez fruité, cerise, forêt noire, légère sensation sucrée en bouche qui laisse une impression de vinification en levure naturelle. La bouche est assez extraite ce qui fait ressortir des amers moins engageants. Finale sur le bois sec. Une sensation de bouche sur des tanins de rafle mais le nez est charmeur. Bien + (2 points)

Arbois, Stéphane Tissot, Singulier 2012

Nez assez peu expressif, fruits cuits, en bouche jolie densité, de la chair, un beau tanin mur précis assez présent très bien maîtrisé. Légère perception de gaz carbonique. Une impression générale de maturité ce qui n’empêche pas ce vin d’avoir une belle tension amère et structurante. Une vinification très soignée, très précise. Très Bien ++ (8 points)

Arbois, Jacques Puffeney, Les Berangères 2010

Nez floral assez discret au premier abord mais très exubérant en rétro-olfaction. La bouche est construite verticalement sur une chair juteuse qui s’effile sur une jolie tension. Complexe en bouche. La rétro-olfaction offre des notes de roses fanées, de grenadine et de fruits confits. Le tanin peut sembler assez rude. Moins travaillé que le vin qui a précédé, il n’en n’est pas moins serré. Très Bien ++/ Excellent. (6 points)

Arbois, Stephane Tissot, Singulier, 2005

Le nez est plus tertiaire. On sent du champignon blanc mais aussi des arômes de guignes mures, de fruits de bois, de myrtille. La bouche est assez riche, mure, presque chaude. Encore un léger CO² perceptible. Un joli tanin puissant et soyeux de belle garde… Très Bien ++ (14 points)

Arbois, Daniel Dugois, Trousseau Grevillière 2002

Sous bois, humus, champignon blanc, la bouche est suave, juteuse, douce, agréable parfaitement structurée. Foncièrement très jeune en bouche, tendu, long en bouche avec des arômes de fruits noirs patinés… de l’intérêt des vins avec un peu d’âge. Superbe. Très Bien ++/ Excellent (6 points)

Arbois, Jacques Tissot, Trousseau 1990

Beau nez kirsché, racinaire, bouche suave et compotée. Bien tendue. Pas vraiment de traces de vieillissement en bouche… humus en rétro. Très Bien + (9 points)

 Arbois, André et Mireille Tissot, Trousseau 1989

Nez cuit, champignon, évolué. La bouche est agréable, l’attaque moelleuse suivi par des tanins collants, très puissants. Une vinification très ancienne mode. La bouche est assez longue. Très Bien. (0 points)

Arbois, Camille Loye, Saint Paul 1988

Le nez est assez âgé, assez peu expressif. La bouche est juteuse, coulante, tanin encore légèrement accrocheurs mais qui se patinent. Très vif en finale. La vivacité offre une belle tension. Palette aromatique patinée longue en rétro-olfaction, cèdre, havane et fruits secs. Très Bien ++ (8 points)

Compte-rendu de dégustation : vins oranges

Compte Rendu de la séance Salivertivin dédié aux vins Oranges.

Rappelons que les vins orange sont des vins blancs issus de raisins blancs à qui on a fait subir une macération comme pour un vin rouge. Les usages en matière de macération et d’élevage sont extrêmement variables. Certains vins reproduisent la méthode géorgienne classique (6-8 mois de macération-élevage en amphore, d’autre limitent le temps de macération (ce qui ne limite pas les tanins pour autant : la durée de macération suit une courbe de Gauss en terme de perception tannique), donc encore font des élevages en fût, en cuve plus ou moins long pour adoucir les tanins après la macération. Au final, ce fut une soirée très variable. Il y a eu de jolies choses mais faire un vin orange ne doit pas faire oublier ni la matière première ni le soin à apporter à la vinification. Clairement, même avec une large ouverture d’esprit certains vins étaient compliqués à goûter : des erreurs ou négligences de vinifications dans de nombreux cas.

Pays nantais, Domaine de l’Ecu, Faust, 2013
(Chardonnay / macération et élevage en amphore 8 mois)

Thym, Eucalyptus, fruits secs. Vif. Les tanins n’interviennent qu’en finale ; Bien ++/ Très Bien

Géorgie, Pheasant’s Tears Tsolikauri 2012
(Tsolikauri / macération élevage 6 mois en amphore)

Nez de médicament, oxydatif, sparadrap, assez vif. Très phénolé. Dommage. Moyen/Bien

Côtes du Rhône Brézème, Domaine de Pergaud, Eric Texier, Vielle Roussette
(cépage Roussane, 1/2 macération amphore 6 mois / 1/2 pressée directe, élevage 12 mois en fût)

Grillé, réducteur, gazier, boisé. Le tanin n’est pas perceptible. Bien

Géorgie, AB Wine, Tsarapi 2012
(Cépage Rkatsiteli, macération et élevage 5 mois en amphore)

Nez fruité, aromatique, mangue, Noilly Prat, tabac blond. Tanin strict. Très Bien

Géorgie, Vinoterra, Mtsvane 2011
(Cépage Mtsvane, Macération et élevage 6 mois en amphore)

Eucalyptus, café, torréfié, tanin marqué, sensation d’alcool. Vif. Bien+

Espagne, Celler Escoda Sanahuja, Els Bassots 2011
(cépage Chenin, macération d’un mois, élevage 4 mois en fût de chêne)

Arome d’éthanal marqué…. Comme un chenin très mur. Un vin qui a la structure du chenin, sa vivacité. Le tanin est ferme, un poil rugueux. Un joli vin. Très Bien+

Coteaux de Béziers, Emile et Rose, Voyage en Terre Géorgienne
(Carignan blanc, macération 6 semaines en amphore)

Un joli vin au nez fruité d’abricot et de mangue mure. Le tanin est léger et bien intégré. Très Bien+

Photo: www.vinsetonnants.com

 

Italie, Frioul, Skerk, Ograde 2011
(Vitovska, Malvasia, Sauvignon et Pinot Gris, macération 15 jours, élevage 12 mois en cuve bois)

Nez aromatique, muscaté, vanille cuite. En bouche le tanin se montre discret mais élégant, très doux. L’amertume assez notable porte la fin de bouche. Très joli vin. Très Bien ++

 

Italie, Frioul, Dario Princic, Ribolla Gialla 2009
(cépage Ribolla, Macération 25 jours, élevage trois ans en vieilles barriques)

Nez de chouchen assez volatile pour ceux qui y sont sensibles. La bouche est très agréable, dense, le tanin crayeux et poudreux. Légèrement phénolé en rétro-olfaction toutefois. Bien++/ Très Bien

Italie, Frioul, Radikon, Ribolla Gialla 2005
(Cépage Ribolla, macération de 4 mois)

Nez violemment acescent (colle), vinaigre, acidité volatile perforante, la bouche est dominée par l’acidité et l’aigreur du vinaigre. Clairement imbuvable.

Slovénie, Simsic, Sauvignon 2000
(Sauvignon, macération 7 jours)

Nez fatigué, bouche oxydative, brou de noix, légèrement sucré, rétro-olfactions de soja et de caramel. Bien ++

Bushido, La Sorga 2011
(65% de petit Manseng – macération 28 jours, élevage en vieux bois sous voile)

Nez puissant de souris morte. Tanin strict, oxydatif, assez plat. Cela doit s’appeler la “maladie de la Tourne” en vinification… bon très Moyen