Sicile ce Jeudi 14 décembre : place libres

Il y a quelques places libres pour la séance Vertivingstone dédié au vignoble de Sicile ce jeudi 14 décembre à 20h30.

Je ne vous cache pas que c’est une méchamment belle séance : j’ai un peu explosé mon budget avec cette séance et c’est le moins qu’on puisse dire.

Tarifs adhérent : 8€ – Non Adhérent : 15€
Contactez-moi si vous êtes intéressés.

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La mutation de couleur des cépages : places libres ce 7 décembre

Pinot noir, pinot gris, pinot blanc, grenache blanc, grenache gris, grenache noir, Melon rouge, riesling rouge et cabernet blanc… pourquoi et comment un cépage mute-t-il ? comment change-t-il de couleur ? Pourquoi cela modifie-t-il la structure des vins ?

Vous saurez tout sur la mutation de couleur des cépages grâce à Romain, notre ingénieur agricole, ce jeudi 7 décembre à 20h30 dans le cadre des ateliers Vertivinus.

Contactez-moi si vous êtes intéressés. (tarif adhérent : 8€ / non adhérent : 15€)

Riesling Rouge – Photo Ottmar Kick

Et n’oubliez pas, il y a toujours des place libres pour la séance Vertivictuailles du 12 décembre ci-dessous.↓

Compte-rendu : les villages de Mâcon

La séance concernait les appellations qui souhaitent devenir des crus communaux en tant que tel. Mâcon-Verzé, Mâcon Lugny, Mâcon-Azé… etc. 27 Villages souhaitent aboutir à une démarche de cru villages. Vertivin aime bien s’intéresser à ces appellations car on y découvre des vignerons qui souhaitent produire des cuvées modèles pour aider le collectif à mieux appréhender le lien vin-terroir. On y déniche souvent de bons rapports qualité-prix et des découvertes. Or dans le cas présent, nous avons eu une séance très hétérogène. Alors que la dégustation s’est déroulée en aveugle, en dévoilant les étiquettes, les hiérarchies de notoriété et de prix ont été parfaitement retrouvées : cette séance n’a pas permis de trouver la petite découverte du bon « Mâcon-Bidule » pas connu à 10€.

Alors pourquoi cette hétérogénéité ? Le rapport de la commission d’expert de l’INAO en 2004 avait conclu que la multiplicité des collectes en coopérative ne permettait pas d’identifier une typicité géopédologique d’où une démarche de regroupement (voir à ce sujet https://rge.revues.org/1003).  Ce que l’on sous-entend c’est que le système coopératif tel qu’il est construit à ce jour ne permet pas d’affiner le travail parcellaire de chaque appellation. Il est aussi vraisemblable que le rendement de base choisi dans le cahier des charges de 66hl (alors qu’à densité de plantation équivalente les démarches de cru communaux en Muscadet par exemple, proposent 45hl/ha en rendement de base) soit insuffisant pour refléter le lien vin-terroir… de ce fait seuls les vignerons qui s’imposent une discipline plus stricte ont une chance de ressortir en dégustation. Le collectif étant incapable dans le cas présent de s’imposer des contraintes suffisantes, ce sont les individualités des vignerons qui ressortent davantage dans la dégustation pour proposer une vision du lien vin-terroir.

En l’occurrence, collectivement, le vignoble du Mâconnais semble disposer de larges marges de progressions. Il faut espérer que la logique qui a conduit au saccage des locaux de l’INAO de Mâcon de 2005 suite à la réduction du rendement par hectare de 2hl de l’AOC « Mâcon Villages » (elle se situe uniquement au niveau de l’AOC régionale « Bourgogne » aujourd’hui) appartienne au passé. Espérons que les démarches associatives comme celle des « artisans vignerons du Bourgogne Sud » contribueront à une meilleure lisibilité des appellations communales en Mâconnais.

Mâcon-Fuissé, Domaine Sophie Cinier 2016
Nez fruité, très chardonnay, bouche assez mure, saline, plutôt bien faite. Un peu courte aujourd’hui. Pas mal. Une découverte à revoir dans 2 ans pour mieux en évaluer le potentiel. Bien ++ (7 points)

Mâcon-Lugny, Domaine des Terres Gentilles, Dame Chlea 2015
Nez un peu brouillon, sensation boisée en nez comme en bouche. Amer peu agréable. Assez cuit, chaud en bouche. Aromes d’alcool à brûler. Moyen/Bien (5 points)

Mâcon-Chaintré, Domaine Cornin, Les Serreudières, 2015
Nez assez fin, frais. Bouche assez grasse, onctueuse, bien tendue. Intéressant. Bien++/Très Bien (3 points)

Mâcon-Vergisson, Jacques et Nathalie Saumaize, Sur la Roche, 2015
Nez de Chardonnay fruité, précis, intense. Jolie chair, de beaux amers. Très belle tension. Très Bien+/Très Bien++ (4 points)

Mâcon-Fuissé, Domaine Romanin 2014
Un vin qui ne profite pas de l’effet de succession… le nez fait très brouillon. L’attaque est assez intéressante, mure, puis vient une sensation blette, sensation pharmaceutique, alcool à 90°. Amertume désagréable. Moyen/Bien (6 points)

Mâcon-Verzé, Domaine Nicolas Maillet, le Chemin blanc 2015.
Nez précis, « minéral », craie, floral, glycérine. Belle bouche épaisse, charnue. Beaux amers qui allonge la bouche. Classe. Très Bien ++ (9 points)

Mâcon-Chaintré, Domaine Julien Barraud, Les Pierres Polies (ex Domaine Daniel Barraud) 2014
Nez un peu brouillon, réduit, créme/yaourt comme dans une malo perceptible. Bouche assez dense, plutôt bien structurée. Un vin épais et fermé. A revoir peut-être mais en l’état un peu décevant vu la classe des Pouilly-Fuissé du domaine. Bien+/Bien++ (1 point)

Mâcon-La-Roche-Vineuse, Domaine Merlin, Les Cras 2014
Nez très boisé (bois frais de chêne, scierie). Un boisé de qualité mais très envahissant.  La bouche est mure, riche ; elle offre sans doute une des plus belles densités de la soirée. Très élégante vivacité en fin de bouche. J’ai largement confiance en ses capacité d’évolution et la classe volume en bouche me fait mettre un Très Bien ++. En l’état c’est trop boisé. A attendre 7-10 ans que le boisé se fonde (11 points).

Mâcon-Buissière, Eric Texier, Très Vieilles Vignes 2013
Nez ouvert assez pointu, citronné, orange. La bouche est assez droite, très tendue, assez intense. Très Bien/Très Bien +

Mâcon-Verzé, Domaine Anne Claude Leflaive, 2011
Nez boisé, évolué, marin, étrange sensation en bouche : l’impression d’une attaque très large qui s’arrête pour laisser la place à une vivacité assez longue. Ce qu’on appelle une sensation de creux en milieu de bouche. Un vin que je n’ai pas bien compris. Bien++/Très Bien (4 points)

Mâcon-Pierreclos, Guffens-Heynen, Le Chavigne 2008
Nez fin, précis, citron confit, lemon curd, crème aux œufs. Bouche dense, onctueuse, superbement tendue, très homogène. Très Bien++/ Excellent (18 points – vainqueur du collectif ce soir)

Mâcon-Buissière, Céline et Vincent Tripoz, Les Graves 2016
Pour un vin rouge c’est un vin plutôt rosé. Le nez est très déviant. La bouche est dominée par de puissants et violents brettanomycès. Très désagréable. Médiocre (1 point)

Séance Muscadet démarche de Cru communal « Monnières-Saint Fiacre » : places libres

Il y a quelques places libres ce Mardi 21 novembre à 20h30 pour une séance Verticadet dédiée à la démarche du cru communal du Muscadet « Monnières-Saint-Fiacre » en présence de l’ancien président de l’association du cru Monnières-Saint Fiacre.
14 vins à déguster.

Tarif adhérent : 7€ / non adhérent : 13€
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Les Villages de Mâcon : places libres

Il y a quelques places disponibles pour la séance Vertivingstone de Jeudi 16 novembre à 20h30 dédié aux villages de Mâcon : les 27 villages (que nous ne verrons pas tous je vous rassure) qui peuvent accoler le nom de leur village à l’AOC régionale « Mâcon » : Mâcon-Pierreclos, Mâcon-Verzé, Mâcon-Chaintré… etc.

A l’heure ou la Côte d’Or devient inaccessible, force est de constater que moultes cavistes se tournent vers ces appellations. C’est l’occasion de faire le point sur ces vins et peut être de dénicher de jolies trouvailles. Au programme 12 vins / dégustation en aveugle sur ce groupe.

Tarifs adhérent : 8€ – Non Adhérent : 15€
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Mâcon-Pierreclos crédit image

Haut-Piémont : une place libre

Une place libre pour une séance dédiée aux appellations du Haut-Piémont italien ce mardi 14 novembre à 20h30 animé par Romain.

Au programme :

CAREMA, PRODUTTORI NEBBIOLO DI CAREMA RISERVA 2013
CAREMA, FERRANDO ETICHETTA BIANCA 2011
BOCA, BARBAGLIA SERGIO 2011
GATTINARA, RISERVA TRAVAGLINI 2010
GATTINARA, SAN FRANCESCO ANTONIOLO 2009
GHEMME, CA NOVA GIADA CODECASA 2008
GATTINARA, VALFERANA NERVI 2005
LESSONA, SAN SEBASTIANO ALLO ZOPPO SELLA 2004
BRAMATERRA, SELLA 2004

Tarif : adhérent 15€ / non adhérent : 20€

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Compte-rendu de dégustation : Ribeiro et Ribeira Sacra

Séance dédiée aux Vins des appellations Ribeiro et Ribeira Sacra chez Vertivngstone. La Galice espagnole offre décidément une palette de vins sacrément séduisante. Outre les branchouilles Rias Baixas, l’intérieur des terres propose des appellations qui offrent des vins d’une sacrément belle complexité tant en blanc qu’en rouge. Ce fut le cas aujourd’hui avec les appellations Ribeiro et Ribeira Sacra. Bien que les appellations soient voisines dans la continuité du fleuve Minho et de la rivière Sil, elles ont des caractéristiques assez différentes :

Ribeiro est historiquement tourné vers la mer d’où les vignerons écoulaient leurs vins, direction l’Angleterre, tandis que Ribeira Sacra est plutôt tourné vers la montagne ou le passage du principal chemin de Saint Jacques de Compostelle a vu naître de petites abbayes qui désoiffaient les pèlerins. Le vignoble de Ribeiro est situé sur un ensemble de collines, là où les vignes s’accrochent à des pentes vertigineuses que les moines du moyen-âge ont patiemment terrassées en Ribeira Sacra. Ajoutons à cela que malgré un encépagement assez semblable, les vignerons de Ribeiro semblent plutôt pratiquer l’assemblage de cépages tandis que les vins de Ribeira Sacra sont plutôt des monocépages.

Le niveau est assez élevé ce soir. le niveau de prix s’en ressent un peu… Il est aussi à noter que la dégustation, les notes et appréciations se sont déroulées en aveugle mais que le groupe a suivi la hiérarchie des notes du Guide Peñin : le meilleur vin pour le groupe est aussi le vin le mieux côté au guide…

Ribeira Sacra blanc, Adegas Moure, Albariño, Abadía da Cova 2015
Nez d’abricot, fruit blanc, qui offre des notes balsamiques plus évoluées de miel. La bouche est agréable, très légèrement sucrée, souple, avec une petite pointe de gaz carbonique. Un vin frais, miellé en rétro-olfaction. Bel équilibre. Bien ++ (6 points)

Ribeiro blanc, Bodegas el Paraguas, Atlántico 2016
Le cépage principal est du Treixadura ; ce qui change foncièrement la palette aromatique : nous sommes ici sur des notes de chèvrefeuille, de citron. L’attaque est assez dense, un peu plus courte en bouche que le précédent mais avec de beaux amers structurants. Arômes de verveine citronnée en fin de bouche. Très Bien + (8 points)

Ribeiro blanc, Bodegas Casal de Arman, Armán Finca Misenhora 2014
Encore un Treixadura mais sur un équilibre un peu plus boisé avec des notes de pamplemousse. La bouche est particulièrement élégante : grasse, mure, tendue, avec une fin de bouche acidulée et de superbes amers. Un équilibre très séduisant. Très Bien ++ (7 points)

Ribeiro blanc, Bernardo Estévez, Issué 2014
Ici c’est un mélange de cépages variés… et peu importe puisque le nez est dominé par un boisé vanillé peu avenant. La bouche est aussi boisée, grasse, beurrée malgré une finale acidulée. Un peu décevant. Bien + (3 points)

Ribeira Sacra blanc, Adega Algueira, Escalada 2014
Un Godello… ha ha. Et n’importe lequel. Joli nez de Bergamote et de citron confit, d’encre d’imprimerie. La bouche est large, concentrée, une texture douce et épaisse, umami, puissamment amère (trop pour certains), parfaitement tendue. Génial. Excellent (6 points)

Ribeira Sacra rouge, Divina Clementia 2014
C’est un Mencia que je trouve assez typique du cépage avec un nez de cerise, d’épice, de cannelle et des notes florales qui penchent vers le géranium. La bouche est charnue, vive, des tanins bien travaillés, des amers un peu lourds et une finale sur des notes de griotte. Très Bien (3 points)

Ribeira Sacra rouge, Adega Algueira, Merenzao 2014
Mon premier Merenzao… ça se fête. Légèrement boisé-grillé au nez, l’attaque est très agréable : c’est une bouche souple charnue et gourmande avec des notes florales, de la vivacité. Une vinification très soignée, très droite. Un peu boisé/beurré en fin de bouche. Très Bien (11 points)

Ribeiro rouge, Viña Meín, Tinto Atlántico 2014
Mélange de cépages variés comme du Caino et du Brancellao. C’est un vin qui sent la grenadine et qui me picote le nez. Floral. La bouche est souple, vive. Moins dense que les vins qui ont précédé et un tanin dur et un peu sec. Bien + (2 points)

Ribeira Sacra rouge, Dominio do Bibei, Lacima 2013
Encore un Mencia mais qui ne s’exprime pas sur le cépage mais plutôt sur un élégant boisé un peu coco. La bouche est très souple, très digeste, elle offre une structure charnue. Le tanin est ferme, fin et gras. Il y a une juste vivacité qui évite l’empattement. Très Bien ++ (22 points vainqueur du collectif ce soir)

Ribeiro rouge, Abadía de Gomariz, Gomariz 2011
Ce Souson majoritaire offre un nez plus évolué de sous-bois, d’humus, de fruits cuits et de prune. La bouche est souple, agréable, les tanins fondus. Un vin à maturité parfaire à boire aujourd’hui. Super rapport qualité-prix qui plus est pour un vin biodynamique. Très Bien + (12 points)

Le vieillissement du Barolo : places libres

Il y a quelques places libres sur la séance Vertivinus dédié au « vieillissement du Barolo » ce jeudi 19 octobre 2017 à 20h30.

Au programme de cette séance spéciale « gérontophile », les Barolos :
Paolo Scavino 1997
Terre del Barolo 1987
Tenuta Montanello 1976
Giordano 1974
Fratelli Minuto 1967

Tarifs adhérent : 8€ – Non Adhérent : 15€
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Compte-rendu : le sauvignon gris ou fié gris en pays nantais

Voici le compte rendu d’une séance dédiée au cépage Sauvignon gris en pays nantais.

Tout d’abord,voici un petit mot de Guy Saindrenan qui nous a fait une petite recherche sur le cépage :

Le fié gris est un autre nom du sauvignon gris, cépage assez peu répandu aujourd’hui, dont le berceau d’origine pourrait être le Poitou car il y est connu sous le nom de « Surin du Poitou »[i]. Cette origine n’est pourtant pas certifiée (mais c’est le cas le plus fréquent !) car le sud-ouest prétend aussi en être le berceau au même titre que celui du sauvignon blanc [ii]. Dans son Manuel du Vigneron, le comte Odart, dans le paragraphe qu’il consacre à l’énumération des cépages les plus cultivés, précise à propos des sauvignons[iii]:
…les trois sauvignons, dont l’un est rose ; dans la vallée de la Loire et celle de la Vienne, ils sont connus sous le nom de Surin et de Fié.
Pour l’ampélographe du XIXe siècle, le sauvignon rose désigne le fié gris et, en outre, fié et surin seraient donc des noms génériques des sauvignons. Dans l’ouvrage qu’il consacre au vin, Schmutz nomme le cépage Surin-Fié [iv].

Le fié gris ou rose, c’est selon, résulte d’une mutation spontanée du sauvignon blanc. En France, ce cépage n’occupait plus que 10 hectares en 1958 ; en 2011, il occupe 660 hectares répartis sur le Poitou, la Touraine, le pays nantais, l’Yonne (Saint-Bris-le-Vineux), le Bergeracois et le Bordelais. Ailleurs en Europe, on le trouve aussi en Allemagne et en Bulgarie.
Aujourd’hui des ampélographes et des généticiens s’accordent à placer le sauvignon dans le groupe éco-géographique des cépages en provenance de l’Est.[v]

Dans la vallée de la Loire, il semble d’implantation ancienne puisque Ronsard, s’exprimant sur le vin du château de Prépatour (commune de Naveil, Loir-et-Cher) écrit[vi] :
C’était le même que le vin de surin.

et avant lui, dans Pantagruel, Rabelais énumérait des raisins de Touraine dont les « fiers » qui sont vraisemblablement les raisins du fié actuel :
Car notez que c’est viande celeste manger à desjeuner raisins avec fouace fraiche, mesmement des pineaulx, des fiers, des muscadeaulx, de la vicane, et des foyrars pour ceulx qui sont constipez de ventre…

Guyot mentionne encore sa présence en 1861 dans ce qui constitue aujourd’hui l’aire d’appellation « Côteaux du Vendômois ». Il est également mentionné dans le vignoble orléanais au début du XXe siècle, où il est dénommé « Blanc fumé » ou « Sauvignon jaune »[vii]. Quand est-il arrivé en pays de Retz ? La question demeure sans réponse certaine mais on peut quand même noter que les auteurs du XIXe siècle qui se sont exprimés sur la viticulture de la Loire-inférieure n’ont mentionné que deux cépages : le melon et le gros-plant. Il paraît donc assez probable que le fié gris soit arrivé après la crise phylloxérique, c’est-à-dire au cours du XXe siècle ou alors, l’aire consacrée à sa culture était trop réduite pour qu’il fut visible…

La dégustation s’est clairement divisée en deux catégories : les vins récoltés à peu près mur et ceux qui ne sont pas récoltés mur. Dans l’ensemble le groupe de dégustateurs a exprimé une certaine lassitude du profil de sauvignon gris très vert, acide… arômes de genêt, de buis vert en un mot comme en cent : de 4-mercapto-4-méthylpentan-2-one. Qu’est-ce qui incite à récolter des Sauvignons gris aussi verts ? Est-ce la peur de la pourriture grise ? …puisqu’on sait que le cépage y est sensible… Est-ce un effet de mode ? Quel est l’intérêt d’avoir deux cépages si on fait du blanc avec du gris ? Un Sauvignon Gris pas mur ressemble comme deux gouttes d’eau à un Sauvignon blanc pas mur. Par contre il me semble qu’un Sauvignon Gris mur offre des perspectives différentes d’un blanc mur…

De ce fait j’ai moi aussi tendance à trouver les expressions bergeracoises du Sauvignon Gris plus réjouissantes que celles du Pays nantais. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de bonnes choses. J’ai dégusté les vins seul après le groupe dans un ordre différent et j’ai fait une deuxième dégustation un jour après pour confirmer la première. Comme d’habitude, mes appréciations varient de Moyen/Bien/Très Bien/Excellent/Grand Vin et celles du groupe sont la synthèse de 3 points attribués aux 3 vins préférés par chaque personne (entre parenthèse). Revue de détail :

IGP Val de Loire, Domaine du Moulin de la Touche, Sauvignon Gris 2016
Arôme de Sauvignon, buis, vert. Attaque assez grasse, bouche très acide, verte. C’est un type classique variétal à vinification bien maîtrisée que nous allons souvent rencontrer. Bien (3 points)

IGP Val de Loire, Domaine du Sillon Côtier, Sauvignon 2016
Nez relativement intense, arôme d’orange, passion un peu typé Bergerac. Attaque assez épaisse, mure, assez complexe, assez vive. Bien++/Très Bien (2 points)

IGP Val de Loire, Domaine du Bois Huaud, Sauvignon Gris Cuvée Spéciale 2016
Le domaine offre 3 gammes de Sauvignon gris. Ce vin qui se situe au milieu de la gamme offre un nez assez exotique assez typé sauvignon néozélandais. Bouche mure, fruits cuits, amers intéressants. Agréable. Très Bien/ Très Bien+ (3 points)

IGP Val de Loire, Domaine des Cognettes, Dingue de toi 2015
Nez fermentaire, mur, « bio-peu sulfité ». Bouche très mure étrangement douce, doté d’un bel amer. C’est un vin très agréable, pas très typique (j’aurais pu confondre avec un chenin d’Anjou) mais j’aime bien : cela se siffle très facilement. Très Bien +/Très Bien ++ (12 points)

IGP Val de Loire, Domaine de l’Epinay, Sauvignon gris 2016
Nez de Sauvignon, buis, genêt. Il y a un peu plus de matière que dans d’autres vins mais il reste simplement vif et variétal. Bien + (0 points)

IGP Val de Loire, Domaine du Colombier, Sauvignon gris 2016.
Nez très réduit. Buis, gaz de ville. Bouche vive. Bien (0 points)

IGP Val de Loire, Frères Couillaud/Château de la Ragotière, Collection Privée, SG 2016
Nez assez complexe, fruité, pêche, prune mais encore très fermentaire (bonbon anglais). Mur : très beaux amers, peu d’acidité. Encore très fermentaire en rétro-olfaction… à garder 1-2 ans pour que jeunesse se passe. Très Bien+/Très Bien++ (4 points)

IGP Val de Loire, Domaine de l’Esperance, Sauvignon gris 2016
C’est un vin demi-sec pas très expressif sur des notes classiques (genêt). Doux en bouche… un apéro gentil. Bien. (0 points)

IGP Val de Loire, Eric Chevalier, Fié gris 2015
Farine, vanille, beurre frais (malo ?). la bouche est bizarrement très amère. La bouche a du volume toutefois. Un peu décevant. Bien + (5 points)

IGP Val de Loire , Domaine de la Garnière, Sauvignon gris 2016
De nouveau un Sauvignon gris variétal, buis, vif, on a l’impression d’un peu de sucre résiduel en bouche (8 ? 10 g ?)  Bien.

IGP Val de Loire, Domaine du Grand Fé, Sauvignon gris 2016
Nez assez classique, un peu moins aromatique mais toujours sur des notes variétales. La bouche est très vive. Bien. (6 points)

IGP Val de Loire , Château de la Cormerais Sauvignon gris 2016
Nez intéressant un peu réducteur blédine, fruits murs. Bouche fruitée et bien équilibrée. Bien ++ (0 points)

IGP Val de Loire, Domaine Les Coins, Sauvignon Gris 2016
Nez de Sauvignon, buis, genêt classique. Bouche assez vive. Bien (2 points)

IGP Val de Loire, Bernard Maillard, Sauvignon gris 2016
Nez un peu fermentaire, bouche un sucrée un peu pâteuse. Assez plat, amers notables. Moyen/ Bien (3 points)

IGP Val de Loire, Poiron Dabin, Sauvignon Gris 2015
Vin moelleux. Nez ultra aromatique, fruité arômes de fruits blancs, de Pinot gris (?)… Les frères Poiron s’imposent comme l’Uby des Pays Nantais : je soupçonne des méthodes de vinif un peu australo-gasconnes. Pas mal de sucre ( 50 g ? 60g ?) mais une bouche bien digeste, fluide. C’est plaisant et ça doit plaire. Très Bien. (16 points : vainqueur du collectif ce soir)

3 expressions du Sauvignon Gris en pays nantais diamétralement différentes mais hautement recommandables

 

[i] Pierre Rézeau, Dictionnaire des noms des cépages de France, CNRS Éditions, Paris, 1997, p. 328.
[ii] Henri Galinié, in A la rencontre des cépages modestes et oubliés, Dunod, Paris p. 133.
[iii] Comte Odart, Manuel du vigneron, La maison rustique, Paris 1861, p. 77.
[iv] Ch. Schmutz, Le vin, Librairie Delagrave, Paris, 1936, p. 64.
[v] Henri Galinié, in A la rencontre des cépags modestes et oubliés, Dunod, Paris p. 134.
[vi] Ronsard, Œuvres complètes de Pierre de Ronsard, P. Jannet, Paris, 1857-1867, tome  8, p. 326.
[vii] Maurice Leprince, Raoul Lecoq, Le vignoble orléanais, Jules Loddé, Orléans, Vigot Frères, Paris, 1918, p. 14.