Muscadet de Sèvre et Maine : le cru Le Pallet

Désormais le Muscadet de Sèvre et Maine compte trois crus communaux reconnus : Muscadet de Sèvre et Maine Clisson, Muscadet de Sèvre et Maine Gorges et Muscadet de Sèvre et Maine Le Pallet. Autant les deux premiers crus commencent à avoir une belle notoriété : Clisson grâce à des figures emblématiques comme Marc Ollivier ou Bruno Cormerais mais avec une belle relève comme les Frères Perraud, les frères Pâquereau et sans doute Jérome Bretaudeau : ce sont des vins à l’acidité mure aux notes d’agrume… et puis Clisson a favorisé la vente directe depuis longtemps et cela a sans doute favorisé très tôt les démarches qualitatives. Gorges sur ses gabbros recherche de vins qui claquent  adouci par des élevages longs à l’instar de Michel Brégeon et de tous les vignerons qu’il a de près ou de loin influencé.
Autant le dernier cru « Le Pallet » est moins connu et moi-même j’avoue jusqu’à ce jour ne pas avoir trop compris le style recherché au Pallet.
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’y a pas d’homogénéité géologique du sous-sol des vins du Pallet. Le Pallet est à cheval entre une zone de Gabbro, une zone de Gneiss et à y regarder de près, le démarrage de la veine d’Orthogneiss (peut-être même du micaschiste d’ailleurs). En revanche, il a été retenu pas l’INAO(Q) que la constitution du sol était assez semblable sur la totalité de la zone du Pallet : peu d’argile mais un sol grossier et sableux. Il y a aussi quelques explications alambiquées sur le fait que le Pallet se situât sur une zone de transport : sorte de nœud d’échange routiers et ferroviaires (Chemin de fer comme à Clisson, présence d’une quatre voie mais sans bretelle d’accès historique, rivière comme partout en Muscadet…) et que ce nœud eut apporté une particularité à la zone « Le Pallet ». Bah.
C’est sans doute organoleptiquement que l’on comprend la trame souhaité par les vignerons du Pallet : ils ont des manières de travailler pas trop différentes et cela fait toute la différence justement : Il y a un esprit commun aux vignerons du Pallet.
Il n’est pas non plus aisé de comprendre les particularités communes des vins du Pallet parce que le Pallet ne produit pas beaucoup de cuvées communales différentes. Il y a tellement d’esprit commun au Pallet que la quasi-totalité des vignerons mettent tous leurs vins dans la même cuve : les vignerons se sont rassemblés en coopérative et se sont donnés un règlement interne à la coopérative ambitieux (travail des sols obligatoire par exemple). Mais il existe quelques (2 ?) autres vignerons qui ne veulent pas faire pot commun. Ce qui nous fait au bas mot trois cuvées « Le Pallet » chaque année. Je m’interroge juste sur la necessité de créer une AOC pour trois cuvée…
Bref. Voici une dégustation de vins issus des belles parcelles du Pallet avant et après mise en œuvre du cru. Elle nous permet de comprendre effectivement cette dudite « typicité ».

Sur cuve : Château de la Mercredière cuve destinée au vin « Le Pallet » non validé année 2009. Mise prévue au Printemps.
Nez florale encore fermentaire ; bouche riche, opulente, grasse… un peu lourde/molle même à ce jour. Leger amer de maturité. Bien

Muscadet de Sèvre et Maine Le Pallet “Vignerons du Pallet”, Jubilation Le Pallet 2009
Nez intéressant : beurré, Petit-Lu, patchouli, fleurs blanches. Malgré une bouche riche, tubulaire le vin sait rester frais, très salin, amertume de maturité puissante. Joli vin en devenir : Très Bien
http://static.hachette-vins.com/cache/images/ab85deFRtv78/2013/190-6686fc9c64026ec1174d1ed1c543fc84-2013-462palle.jpg
Muscadet de Sèvre et Maine Le Pallet, Vignerons du Pallet, Jubilation Le Pallet 2007
Nez vanillé, pain grillé ; sensation de malo en bouche (lait-beurre-yaourt). Très opulent. Structure intéressante mais bois et malo semblent trop marqués dans ce vin. Bien

Muscadet de Sèvre et Maine Michel Bedouet, Expression du Pallet 2004
Nez qui commence à pétroler ; minéral, pierre à fusil, silex tapé ; il s’ouvre sur de la badiane à l’aération. Un vin charnu, une belle bouche mure, l’amer est puissant. Léger boisé. Très Bien +

Muscadet de Sèvre et Maine Michel Bedouet, Expression du Pallet 2003
Un beau nez fin parfumé (parfum, eau de Cologne) notes de croûte de brioche. La bouche est puissante ; une texture très grasse ; huileuse. Amer intense ; assez salin. Très Bien

Muscadet de Sèvre et Maine, Château de la Mercredière, Le Saphir 2003
Allumette craquée au nez, notes animales qui masquent un peu de fruit. L’acidité est rare, la bouche désagréablement amère. Odeur de soufre persistante Moyen

Muscadet de Sèvre et Maine, Château de la Mercredière, Clos de la Chesnaie 2001
Nez très évolué, animal, allumette craquée, sous bois. Bouche marquée par le sous-bois. Très acide, citrique, fluide. Trop de SO² perceptible. Non noté.

Muscadet de Sèvre et Maine, Laurent Bouchaud, Les Gâts 2001
Nez assez complexe sur des dominantes empyreumatique grillé ; noisette, beurre chaud, brioche, torréfié, caramel, humus, ananas…. Un nez super intéressant qui part dans tous les sens. Pas très dense ; très vif, un vin assez longiligne ; bien tendu… mais surtout un nez super. Très Bien +

En résumé et à quelques exceptions près, le style « Le Pallet » se distingue par sa richesse, sa texture… la maturité du raisin recherché y est certainement pour quelque chose. Ce choix réduit fortement la perception de l’acidité avec des vins qui s’expriment par leur épaisseur, la longueur de leur épaisseur (ce que j’appelle “tubulaire”) et leurs amers. Autant je comprends le style recherché ; autant je ne suis pas sûr que ce style de vin trouve facilement ses aficionados parmi les dégustateurs tant l’acidité et la tension acide est magnifiée pour les vins blancs (la fameuse colonne vertébrale des vins blancs selon Olivier Poussier)… 

http://www.vigneronsdupallet.com/view.php/vignerons-du-pallet.jpgUne coop haut de gamme ! (image Les Vignerons du Pallet)

 

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Vertivinus 5 – Les Muscats du Monde – Jeudi 17 janvier 2013 – Château de la Frémoire

« Il coule il coule il se mêle

À la terre qu’il aima

Pour qu’à la saison nouvelle

Mûrisse un raisin muscat »

 

Aragon – La Rose et le Réséda – 1943

 

 

C’est une très belle séance de dégustation sur les muscats du monde à laquelle Romain convie les participants de Vertivinus en ce début d’année. Romain est accompagné pour cette séance par Jean-Michel Durivault, biologiste de formation, travaillant sur la notion de dégustation depuis de très nombreuses années et fin œnophile.

 

Ayant manqué le début de la séance pour des raisons domestiques, voici directement mes notes de dégustation :

 

Muscat de Frontignan Premier (Coopérative – muté à 5°C) : notes de citron, d’ammoniaque et de cire au nez. La bouche est plutôt équilibrée entre acidité et sucre. Elle est plutôt grasse. Acidité finale plus marquée en fin de bouche. Techniquement bien fait. Assez bien.

 

Muscat supérieure Möser Muskat Ottonel 2008 (Autriche) : nez « cul de poule » puis floral. En bouche, l’acidité est plus marquée ; il y a moins de sucre. Le vin est plutôt puissant avec des notes fumées. Assez bien +.

 

Muscat Alpha Estate Omega Late Harvest 2008 (Grèce) : Le degré de sucre est élevé. La bouche est crémeuse. Assez Bien.

 

Muscat Beaume de Venise Domaine des Enchanteurs Ambre Céleste 2009 (muté – France) : nez caramel, poire, williamine. La bouche est chaude, alcooleuse, crémeuse (certains dégustateurs parlent de notes lactée voire pâtissière) avec des arômes de miel. Assez bien +.

 

Moscatel do Douro Adega de Favaios (Portugal) : nez caramel, fumé, pruneau. Nez puissant. La bouche est puissante, chaude avec des arômes d’alcool brun, de marc, d’agrume confit. La finale est plutôt longue. La puissance masque une sucrosité importante. Bien+.

 

Muscat Domaines des Muses 2010 (Suisse) : nez pamplemousse, cédrat pour certains dégustateurs. Note lactée. Faible intensité. Arômes supplémentaires de buis et de genêt. La bouche est fraiche et douce. Le vin est droit, net Des dégustateurs parlent de précision suisse. Le mot de la fin « Roberto, ce n’est pas un rigolo » traduit l’admiration d’un dégustateur pour l’un des membres de la famille au commande du domaine. Bien.

 

Muscat passerillé Moscato del Molise Apianae (Italie) : nez litchi, rose, miel. En bouche, on trouve des notes de citron/cédrat, de la fraicheur en attaque. Le vin est ensuite plus puissant, bien équilibré (acidité/sucre) ; la finale est chaude. Bien+.

 

Muscat de Rio Patras A. Parparoussis 1998 (Grèce) : nez confiture de fraise, puissant. Note d’acescence. La bouche est riche avec une finale amande. Bien.

 

Muscat All saints Estate Rutherglen (muté – Australie) : nez fumé avec des arômes d’orange amère. La bouche est sirupeuse (sirop d’érable), avec des notes caramel et vanille. L’attaque est épaisse mais suave. Assez bien.

 

Moscatel do Douro Niepoort (Portugal) : nez de cire/encaustique, poivré, un peu brulée. L’attaque est chaude. La bouche est volcanique, brute. La finale est boisée, fumée. Assez Bien.

 

Red Muscadel Rooiberg Winery 2009 (Afrique du Sud) : nez pruneau voire cerise mure. En bouche, c’est de la liqueur de fraise, très puissant et alcooleux. « Un coté apéritif ou cocktail » selon certains dégustateurs. Assez bien.

 

DO Moscatel de Jerez Gutierrez Colosia – moscatel soleado (passerillé – Espagne) : nez fumé, pruneau et noix. En attaque, des arômes de mirabelle, tabac et figue. La finale est chaude et acide. Assez bien +.

 

Liqueur Muskat Morris Rutherglen (muté – Australie) : nez café, zan, cola voire carbone. La bouche est moka & réglisse (cachou). La finale est chaude et puissante (note de piment) Assez bien.

 

Les participants ont préféré le muscat passerillé Del Molise, suivi de celui du Domaine des muses et enfin le Liqueur Muskat Morris Rutherglen.

 

Quant à moi, quoiqu’arrivé très en retard, j’aurai appris ce qu’est un arôme terpénique

 

 

A bientôt !!!

 

 

Thomas

Les terpènes sont une classe d’hydrocarbures, produits par de nombreuses plantes, en particulier les conifères. Dans la pellicule du raisin, certains composés sont connus pour donner des arômes au vin après la fermentation alcoolique : ils sont appelés les précurseurs d’arômes. Ex: les terpènes pour le muscat.

 

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Compte-rendu séance Rheingau

J’ai quelques séances de retard dans mes comptes-rendus d’ateliers Vertivingstone… celui qui bloque est celui de la séance Rheingau (sans doute que le recopiage des étiquettes allemandes m’apeure d’avance). La vallée du Rheingau en Allemagne patrimoine mondial de l’Unesco offre, outre ses paysage, son histoire et ses légendes, une des expressions de Riesling parmi les plus fabuleuses d’Allemagne avec la Moselle et sans doute le Palatinat. Cela n’a pas manqué ce soir : le niveau est très élevé sur cette sélection.

Rheingau, Peter Jakob Kühn, Riesling, Landgeflecht, trocken 2010
Nez fruité, citron vert, laurier, mandarine, assez variétal mais non dénué de complexité. Léger perlant en bouche; légèrement sucré, crémosité intéressante ; vif, bien tendu. Miellé en fin de bouche. Très Bien (7 points)

Rheingau,  Schloss Johannisberg,  Riesling, Silberlack, Erstes Gewächs 2010
Nez de mangue très fruitée, très confite, smoothie, beaucoup de maturité et une bouche riche, d’un gras intense et constant en bouche. Amertume puissante. Très Bien + à ++ (23 points) va prendre de la voilure avec le vieillissement.

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Rheingau, Spreitzer, Riesling “Hattenheimer Wisselbrunnen” Erstes Gewächs, trocken 2009
Nez de thym, notes acidulées. Bouche mure et enrobante. Jolie douceur tactile. Rétro-olfaction très intense mangue mure, papaye, passion. Très Bien + (11 points)

Rheingau, Leitz, Riesling Rüdesheimer Berg Rottland Riesling Spätlese 2009
Nez très varietal, laurier, bouche perlante, acidulée, sucrée. Un équilibre allemand… bien fait mais il faut laisser généralement un peu de temps à ces vins pour qu’ils se racontent. Bien++ – 0pts

Rheingau, Georg Breuer, Rüdesheimer Berg Rottland Riesling QbA trocken 2006
Très jolie nez complexe champignon blanc, pétrole, poivre blanc, léger perlant, amer prodigieux, joliment épais ; moins vif que d’autre vins mais joliment tendu. Très Bien + (3 points)

Rheingau, Schloss Schönborn, Riesling “Berg Rottland” Erstes Gewächs trocken 2004
Joli nez précis, très laurier pétrolant, citron vert ; moins intense en bouche que le précédent vin, plus sucré ; bien équilbrée malgré une acidité qui claque un peu fort en fin de bouche sans bémols… Très Bien (13 points)

Rheingau, Schloss Vollrads, Riesling Spätlese trocken 1999
Une rareté que ce vin d’un excellent millésime aux notes exotiques compotées, très mures, mangue cuite… Un nez très élégant. Bouche mure, douce. Finale d’une grande pureté. Très Bien ++/ Excellent. (14 points)
http://www.b-21.com/images/schloss-voll-ries-spat-l.gif

 

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Vouvray ce jeudi 24 janvier : places libre

Si d’aucuns sont intéressés, il y a des places libres pour une séance Vouvray ce soir 24 janvier. 20h30 comme d’hab ; Château de la Frémoire à Vertou.

 

http://www.vignobletiquette.com/foto/cart_vdloi/vendangeurs_vouvray.jpg

 

Contactez-moi si vous êtes intéressés (non adhérent : 15€  / Adhérent 8€)

 

et on y boira ça :

 

Vouvray Sec Foreau 2010

Vouvray Sec Vincent Carême sec 2009

 Vouvray Sec Jacky Blot Clos de la Bretonniere 2009

 Vouvray Sec  Domaine de la Fontainerie Côteau de la Fontainerie 2007

Vouvray Sec Les Morandières 2004

Vouvray (plutôt demi-sec) François Chidaine Clos Baudoin 2005 Magnum
Domaine Pichot Le Peu de la Moriette Demi Sec 2001


Vouvray Moelleux Huet Clos du Bourg 2009
Vouvray Moelleux Poniatowski Clos Baudoin 1989

 

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Place libre – séance Muscat 17 janvier

Il y a une place libre jeudi 17 janvier au soir pour la séance Vertivinus dédié au Muscat animée par Jean-Michel Durivault et Romain Mayet.

 

http://www.nicks.com.au/upload/image/image_200642611194141200.jpg

‘tention les yeux…

 

Contactez-moi si vous êtes intéressés (non adhérent : 15€  / Adhérent 8€)

 


 

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Vertivinus Chenin du monde : places libres

Il y a quelques places libres pour un Vertivinus spécial Chenin du Monde ce Jeudi 12 novembre à 20h30.

 

Contactez-moi si vous êtes intéressés (tarif adhérent : 8€ – non adhérent 15€)

 

http://www.closdeladonzelle.ch/Image_Site/Chenin_Blanc_500.jpg

 

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Decouvertivin 4 – Les régions viticoles françaises – Jeudi 6 décembre 2012 – Château de la Frémoire

Ce soir c’est une première, enfin pour moi, qui ai la responsabilité d’animer la dernière séance Decouvertivin de l’année 2012. Tout est prêt : Jocelyn m’a confié les 9 vins à déguster ainsi que le document d’introduction de la séance (que j’ai un peu mis à jour et que j’ai surtout lu et relu) ; Romain m’a donné ses impressions sur le groupe de dégustateurs quelques jours auparavant (« un groupe vivant ») et le soir même, je récupère les clés de la salle, l’indispensable rallonge ainsi que le projecteur.

 

J’arrive trois-quarts d’heure en avance (moi qui ai du mal à être à l’heure pour les séances Vertivinus) avec une angoisse : les vins qui sont encore trop frais, vont-ils être à bonne température au moment de la dégustation ? J’installe le matériel de projection, les chaises, les verres et j’ouvre les bouteilles : pas de problème pour les blancs, mais l’angoisse qui m’étreint jusque-là, finit par disparaître quand je mets la main sur des carafes qui me permettent ainsi de décanter deux vins rouges et par la même occasion de favoriser – du moins c’est ce que je pense – leur réchauffement progressif.

 

Je suis prêt juste à temps car voilà déjà les premiers participants, puis chacun arrive jusqu’à former un groupe d’une douzaine de personnes.  Je me présente brièvement et c’est parti : les premiers points de la présentation défilent doucement (je dois trouver mon rythme) et les premières questions arrivent. Je tâche d’y répondre le mieux possible mais je n’ai pas vraiment de réponse à certaines d’entre elles (Romain, où es-tu ?)

Au bout d’heure, j’amène le groupe à la dégustation proprement dite. Celle-ci, mise à part le premier vin, se fera à l’aveugle, afin que les participants se concentrent sur les vins et leurs caractéristiques olfactives et gustatives. L’idée est de voir dans quelle mesure, le propos principal de l’introduction – à chaque région viticole française, on peut presque toujours y associer un cépage représentatif de la région – se vérifie dans la dégustation. Le groupe me répond que c’est leur première expérience de dégustation à l’aveugle. Allons-y, c’est parti pour une dégustation de 9 vins, un champagne, 3 blancs et 5 rouges :

 

 

Champagne  Deutz Brut Classic (22.90€): nez frais, avec des notes cacahuètes, fumées et salées. L’attaque est assez grasse, beurrée. L’acidité du vin s’affirme en bouche avec des arômes rappelant l’aspirine. Le vin n’est pas très vineux et peu aromatique. Assez bien.

 

 

Alsace Riesling Orschwir 2008 Valentin Zusslin (13.5€): nez agrume, avec des notes de litchis ; le vin est pourtant peu aromatique. L’attaque en bouche est un peu sucrée et acide, puis plus chaude. Les dégustateurs notent des arômes de citron vert, amande et fumé. De beaux amers en fin de bouche, voire une note pétrolée. Le vin est aromatique plutôt représentatif des rieslings alsaciens mais la faible intensité aromatique a égaré les participants. Assez bien.

 

Bourgogne Saint Aubin 1er cru Sur Gamay 2006 De Montille (24€): nez printanier, note de fruits confits légèrement mentholé. La bouche est plus grasse que le vin précédent avec des notes de brioche. Le vin gagne progressivement en puissance, certains participants parlent de vin poivré. Si le vin n’est pas très complexe, il semble typé et conserve en finale une belle longueur en bouche. Bien.

 

Cotes de Jura JF Ganevat Cuvée de Garde 2007 (22€) : nez aux arômes noix, frais avec un côté digestif (marc). La bouche est fumée et fraiche. On retrouve les arômes de noix avec en plus une note de cuir. La finale est un peu aqueuse. Ce vin, pourtant caractéristique des vins du Jura, a vraiment dérouté les participants. Son caractère oxydatif est vraiment clivant. Personnellement, j’aime ce genre de vins. Assez bien +.

 

Les vins sont enfin dévoilés aux participants : tous s’accordent à dire que le riesling ne correspond pas vraiment à leurs expériences de vin d’Alsace, notamment à cause de sa faible intensité aromatique (certes, mais on retrouve quand même des arômes caractérisitiques du cépage selon moi) Par contre, les autres vins blancs sont considérés comme représentatifs de leur région avec une nette préférence pour le vin de Bourgogne selon les participants.

 

La dégustation en rouge commence :

 

 

Côtes de Provence Jas d’Esclans cru classé 2010 (10.44€): nez tabac, puis cassis, cuir, un peu boisé, terreux. La trame tannique est belle ; la bouche est chaude, un peu alcool et compotée. De nombreux arômes cuir, carbone et de fruits murs. Note saline en finale. Le vin semble plutôt jeune pour les participants. Bien+.

 

Chinon Bernard Baudry Le clos Guillot 2010 (12.3€): nez caractéristique de poivron vert, fraise/mûre, voire cassis. La bouche évoque des fruits rouges, un côté terre. Acidité se confirme progressivement avec une amertume agréable en fin de bouche. Des participants signalent des notes grillées/vanillées (passage en fût) La bouche semble équilibrée. Certains participants parlent d’odeur animale. Tout le monde s’accorde sur la jeunesse du vin. Assez bien+.

 

Haut Médoc Chateau Belgrave 2009 5ème cru classé (21.9€): nez grillé, frais et un peu alcool. La bouche est crémeuse, chaude avec des notes vanillées et de fruits rouges. Acidité finale marquée. Un vin avec un certain caractère mais qui n’est pas vraiment ma « tasse de thé ». Moyen.

 

Saint Chinian Veillée d’automne 2009 Clos Bagatelle (7.20€): nez animal, épicé. En bouche arômes de cassis, légèrement sucré et alcool avec de beaux amers. La finale est acide avec une pointe de réglisse. C’est un superbe vin puissant : « un enfant pourrait en boire » s’exclame un participant. Très bien.

 

Châteauneuf du Pape Domaine de la Charbonnière 2007 (23€): 1er nez un peu réduit, animal. La bouche est compotée (prune), puissante et alcool. Des notes épicées et poivron complète la palette. Fruits mûrs sur la finale avec une légère sucrosité. Amers agréables. La puissance masque quelque peu la longueur du vin. Assez bien.

 

Cette gamme de vins rouge est assez représentative des différentes régions viticoles ainsi illustrées. Les participants de la séance ont apprécié de très loin le Saint-Chinian avant un tir groupé composé du vin de Bordeaux, du Chinon et du Châteauneuf du Pape. A mettre au crédit de l’animateur J, la séance de dégustation à l’aveugle qui a été appréciée par l’ensemble de participants. De mon, côté, je remercie le groupe pour sa mansuétude quant à mes connaissances viticoles ; comme me l’avait indiqué Romain, c’est vraiment un groupe vivant et attachant !

 

Bonne année 2013 à tous.

 

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Places libres : Séance Libertivin Champagne du mardi 7 janvier

J’ai encore 5 places libres pour une séance Libertivin Champagne mardi 7 janvier à 20h30 : tarif adhérent : 15€ – non adhérent : 20€.   contactez-moi si vous êtes intéressés

 

La séance traitera plus particulièrement du Champagne du village des Riceys dans l’Aube.

 

Les Riceys c’est sans doute le vignoble le plus méridional de la Champagne : un vignoble largement spécialisée dans le pinot noir qui sert d’ailleurs en partie dans la plupart des assemblages des champagnes rosés des grands maisons de la Marne. Les Riceys produisent également des rosés (rosés des Riceys) et des Côteaux du Champenois (vins tranquilles).

 

La séance sera animée par Florian Grados vigneron aux Riceys qui présentera les vins de ses pairs et sa propre cuvée.

 

http://www.france-voyage.com/visuals/departements/aube/les-riceys-1.jpg

 

Rien de tel qu’un peu de Champagne après les fêtes !

 

 

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Compte-rendu : Riesling et Grüner Veltliner du Kremstal (Autriche)

C’est encore une belle soirée que voilà. L’Autriche nous gratifie encore de vins remarquables. Grâce à l’excellente Vinothek Wein une Wachau, nous pouvons goûter des millésimes parfaitement “à point”. Grace leur en soit rendue.

 

Weingut Mantlerhof, Roter Veltliner Reisenthal 2009
Nez poivré, pêche mangue cuite. La bouche est mure… cuite léger CO² amer prononcé. Intéressante entrée en matière… très GrüVe. Très Bien (5 points)

Salomon Undhof, Kremstal DAC Grüner Veltliner Wachtberg 2010
Fruits blancs, carbonique, réduit. Bouche cuite, souple, gros amers légère tension masi peut être un peu fluet. Bu certes trop jeune mais un peu court. Bien + (1point)

Josef Schmid, Grüner Veltliner Gelbling Priorissa Alte reben 2006
Moka, grillé, bouche mure, dense, riche. Léger gaz résiduel , vif, tendu, amers patinés. Très Bien

Weingut Proidl, Grüner Veltliner Senftenberger Pellingen Alte reben 1999
Nez grillé, herbes aromatiques, cire, miel, fruits, mangue cuite… des arômes „veillées de noël“. Bouche riche tendue, très nette. Ça commence à être bon ! Très Bien + (5 points)

Weingut Malat, das Beste Vom Veltliner Auslese 2001
Nez de pèche cuite, fruit cuit compoté, épicé, leger sucre résiduel, mais surtout bouche ultradense très épaisse. Amer consistant. ça impressionne ! très bien ++/excellent (19 points vainqueur du collectif)

Weingut Nigl, Grüner Veltliner, Alte reben 1999
Nez fruité, accacia, légèrement oxydatif, bouche assez dense, légèrement tendu, amer. (1 point) Très bien.

Josef Dockner Kremstal DAC Reserve, Riesling Privatfüllung « Sepp » Ried Leithen 2009,
Nez de fleur de citronnier, réducteur léger alcool au nez. bouche finement sucrée, suave, léger gaz résiduel, ample, finale sur la peau de pamplemousse. Délicieux. (8 points). Très Bien ++

Weingut Turk, Riesling Kremser Weinzierlberg 1999
Nez complexe infusion fruits des bois, cire, bouche cinglante, vive, un peu rude. Saline. Finale et rétro longue et fruitée. Très Bien

Weingut Malat, das Beste Vom Riesling Auslese 2001
Poire/pèche cuite, fruit cuit, bouche riche, cuite, joli velouté tactile. Léger CO² persistant, amer puissant. Encore une fois impressionnant. (12 points) Très Bien ++

Weingut Proidl Riesling Vom Urgestein Ehrenfles 2000
Cédrat, agrume : un des riesling les plus typés Riesling dans nos référentiels. Bouche pétrolée, dense, finale fruitée,  tension exemplaire finale extrêmement longue. (10 points). Excellent.

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Compte-rendu : séance Monthélie

L’internaute perspicace verra sans doute que la sélection de cette série de vins de Monthélie n’est pas tout à fait aléatoire. Les travaux de Patrick Essa, sont une référence pour l’amateur de Bourgogne….

Bref… le vignoble de Monthélie, c’est un vignoble marqué par des tarifs deux fois plus doux que les Volnay voisins. Une valeur refuge en période d’inflation bourguignonne. C’est un vignoble qui n’a aucune difficultés à vendre, et donc, il est impossible de trouver 10 Monthélie différents chez nos cavistes on line ou off line. Il est donc impératif de se rendre sur place chez les vignerons pour les collecter (et encore à une période ou ils ont quelque chose à vendre…)… le risque étant bien sûr de collecter des vins qui ne sont pas nécessairement à la maturité optimale surtout chez les vignerons un peu tradi. A ce titre je tiens à remercier notre administratrice Valérie et son ami Franck qui ont pu faire du porte à porte auprès de tous les domaines. Le système de notation du groupe varie de l’habituel « un point attribué aux trois meilleurs vins » pour demander aux participants d’échelonner leurs 3 préférences (3 points au meilleur, 2 au second, 1 au 3e)… et puis toujours à côté, mes appréciations personnelles qui recoupent parfois le collectif… parfois moins…

 

Domaine Monthelie Douhairet Porcheret, Monthélie 1er cru les Duresses Blanc 2010

Premier nez assez marqué par la futaille (noisette, bois, café, grillé) ample et bien gras en attaque, jolie matière, vif en finale. Un vin qui mériterait quelques années avant de se mettre en place. Les composantes sont bien présente mais elles mériteraient de se fondre. A revoir. Bien ++ aujourd’hui sans doute mieux plus tard. (16 pts)

 

Domaine Gérard Doreau Monthélie 2004 rouge (r)

Démarrage des rouges sur un millésime pas facile. Nez moyennement expressif sur des notes de cerises, un peu brulé/grillé. La bouche est souple ; la finale en bouche est un peu décharnée avec un démarrage d’oxydation. Bouche vive, agréablement aromatique en finale. Ça se boit… mais bon… Bien (+) (0 pts)

 

Guy Dubuet Monthélie et Fils, Monthélie “Les longènes” r 2010

Joli nez sur des notes empyreumatiques de tabac coupé, de marc de café. La bouche est assez simple, souple marquée par des notes aromatiques de tabac, tanin léger ; Plus de chair n’aurait pas nuit. Rétro-olfaction sur des notes d’élevage. Un millésime plus mur doit lui apporter davantage de compacité. Bien++ (6 pts)

 

Domaine Sebastien Deschamps, Monthélie 1er cru Clous r 2010

Un nez discret, un peu fermé, sur le fruit, pinot, poivre. La bouche est dense, la matière élégante, jolie mâche mais le vin est très fermé en bouche. Un vin d’avenir, respectueux du fruit sans chercher l’appui d’élevages trop marqués… mais fermé. Très Bien+ à revoir. (5pts)

 

Guy Dubuet Monthélie et Fils, 1er cru Champ Fuillot r 2010 

Premier nez singulièrement réduit (chou) après aération léger grillé-café. Très belle bouche, ample en attaque, tanin ferme, un vin très joliment allongé ; tendu, salin en finale. Une bouche joliment complexe. Vraiment une bouche toute en finesse. Joli rapport qualité-prix. Très Bien ++. (17 pts)

 

Domaine Sebastien Deschamps, Monthélie 1er cru Champ Fulliot r 2010

Nez discret sur le fruit, le poivre. L’attaque est charnue, la bouche fruitée, le tanin est bien dessiné, il est compact et très fermé. La bouche est très intense mais courte à ce jour surtout comparativement au Dubuet–Monthélie tout en longueur. Joli rapport qualité-prix également. Très Bien + (31 pts)

 

Domaine Monthelie Douhairet Porcheret Monthélie 1er cru les Duresses r 2010

Nez profond, ouvert assez marquée par des notes de fût travaillé. La bouche est joliment charnue soulignée par un élevage grillé. Le tanin est moins dense que chez Sébastien Deschamps ; la bouche gourmande. De toute la série, c’est le vin le plus prêt, le plus ouvert ; il a été naturellement préféré par le groupe. Très Bien (52 pts)

 

Philippe Germain Monthélie 1er cru r 2009

L’un des vins était bouchonné ; l’autre s’exprimait curieusement (réduction / Marée). Sans doute des soucis de conservation de bouteille. (0 pts)

 

Gérard Doreau Monthélie 1er cru Barbières r 2009

Un premier nez très brulé (un poil de rédoc peut-être) puis à l’aération, expression d’un joli fruit et de notes de fleurs séchées : pivoine séchée, pavot séché ; la bouche est riche, les tanins sont denses et bien poudreux ; sans doute les plus beaux tanins de la série… la maturité phénolique d’un millésime chaud doit y être pour quelque chose. Le reste de la bouche est douce, mure. En corollaire, l’amertume est plus marquée ; la rétro-olfaction moins expressive que sur des vins longilignes. Très Bien + (23 pts)

 

Château de Monthélie, Domaine de Suremain, Monthélie 1er Cru “sur la Velle” r 2008

Le nez est plus évolué ; fruité avec quelques accents marins. La bouche est souple, agréable, vive et bien tendue. La rétro-olfaction est expressive et élégante. Bien ++ (25 pts)

 

http://www.bienpublic.com/fr/images/FF1306BA-BF08-41AC-8727-02DB15B0B0AD/LBP_03/les-viticulteurs-de-monthelie-mettent-un-point-d-honneur-a-accueillir-le-public-dans-une-ambiance-bo.jpg

Photo Marie Protet ; Le bien Public

 

Il est très amusant d’avoir ce parallèle entre Sebastien Deschamps et David Dubuet : entre le premier qui semble chercher un fruit net et des matières mures et denses qui semblent demander du temps pour s’exprimer et l’autre qui cherche à conserver des notes d’élevage (sans doute avec des fûts plus brulés) mais davantage de longilignité. Très intéressant. Dans la typologie de Patrick Essa, l’ensemble des domaines de Monthélie ou quasi sont de style classique. J’aurai tendance, uniquement par la dégustation et sans savoir comment travaille chaque domaine à considérer le domaine Douhairet-Porcheret comme tenant d’un style plus Intermédiaire que classique…

Les vins dégustés m’ont globalement surpris par la solidité de leur structure qui peuvent être encavés sans risques quelques temps… même issus de millésimes froids.

 

 

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