Compte rendu : séance Salivertivin – dégustation en semi-aveugle

Veuillez accueillir Jean-Luc Poignard qui rejoint les commentateurs de séance : c’est notre nouveau rédacteur des séances Salivertivin (cela faisait longtemps qu’une séance Salivertivin n’a pas été commenté.) 

Enfin, C’était la rentrée tant attendue des activités de Salivertivin  mardi 13 septembre dernier à 20h30 en salle de dégustation du château de la Frémoire à Vertou !

L’objectif de la soirée consistait en une dégustation semi-aveugle par équipe de trois : c’est à dire que la liste des vins était connue des participants mais qu’il fallait retrouver l’ordre de leur apparition grâce à ses papilles gustatives, car présentés dans des carafes neutres et non étiquetées. Certainement une des meilleures manières de construire par interaction une logique de déduction de la nature des vins dégustés. La difficulté résidait tout de même dans les discutions avec ses co-équipiers pour s’entendre sur les éléments d’identification des vins, puis de produire une seule réponse par groupe !

Les 6 vins blancs mystères:

  1. – Le premier vin testé, présente une robe claire aux reflets verts et exprime un nez « étonnant » selon certains dégustateurs avec des accents pétroleux, des touches de cire et de poussière, de macis (Condiment constitué par l’arille qui entoure la noix muscade) . La bouche est gagnée par des signes d’évolution ou d’oxydation qui laissent une impression de vieillissement et peut être de déclin. Une petite touche beurrée arrondit les angles. Il s’agit du Riesling Les Catherinettes INRA Colmar 1983 qui porte bien son âge.
  2. – Pour le second vin, nous sommes en présence d’une robe dorée et pâle. Peu de repères sur une vin qui est pour moi une totale découverte. De la nervosité en nez, quelques accents de pomme verte, de fruits confits. Est-ce un chenin ? La bouche confirme une tension avec des acides marqués, une puissance gustative basée sur un duo amers/acides qui fonctionne très bien. C’est un vin qui ne laisse pas indifférent mais qui appelle un repas pour lui donner le change. Jasnières, un chenin de Christine de Mianville; le Chant des Vignes 2011
  3. – Le Viré Clessé « Mademoiselle Agathe » Domaine des Gandines 2014a grandement séduit les groupes de dégustateurs car, malgré une robe pâle, le nez annonce des arômes complexes, étagés en plusieurs niveaux : de caramel, de beurre, de compotée de poire et de pomme, et de fruits secs. Le soleil était certainement au rendez vous sur ce millésime. Au palais, la pierre à fusil exprime pour d’autres une note fumée et un équilibre très réussi entre acidité et fine sucrosité. Elus meilleur blanc de la soirée.
  4. – Robe discrète, nez d’agrumes parsemés de notes citronnées, d’accents de pommes vertes qui exhalent la fraîcheur. Ce Pacherenc du Vic Bihl Odé d’Aydie blanc sec 2014, confirme par son palais les agrumes, « orange sanguine » dit un dégustateur proche de moi, probablement de fins arômes d’abricots. L’ensemble repose sur une belle tension, vin blanc apprécié des jurys.
  5. – Par ce Rias Baixas,Terras Gauda La Mar 2013 à la robe vive et dorée, nous voyageons vers les rivages maritimes d’abord par la fraîcheur du nez, sur des arômes de pommes, d’abricots et d’agrumes qui évoquent une acidité très énergique mais plaisante et qui s’arrondit avec des notes de beurre frais. En bouche le vin s’étire longuement sur des amers, un soupçon de minéralité, finissant sur une fine pointe d’abricot acide. La vinification et l’utilisation du cépage Caiňo moins connu que l’Albarhino, permettent d’éviter les lourdeurs du climat Espagnol, ce qui surprend nombre de dégustateurs pour qui le terroir ne semblait pas aussi méridional.
  6. – Avec le Domaine de Montcalmès Coteaux du Languedoc Blanc 2012, la robe est quasi transparente. Le nez est enveloppant et présente des notes de coing, de cire d’abeille et de pâte d’amande. Au palais les notes beurrées prennent des accents briochés alors qu’une légère sucrosité résiste en bouche. Les fruits blancs rappellent le soleil du sud, on y distingue des notes florales. C’est un vin complexe et plaisant, sans lourdeur (mais pas pour tout le monde) qui obtient une deuxième place à mon palmarès.

et les 6 vins rouges :

  1. Alsace, BOTT GEYL – PINOT NOIR, GALETS OLIGOCÈNE – 2010en premier. Très belle entrée en matière avec cette robe assez claire, à la fois un peu ambrée et légèrement tuilée,  robe qui semble marquée par le temps. Une délicate pointe de cerise parcourt les narines, une force minérale se dégage. On comprend assez vite le cépage avec ses arômes caractéristiques de cerise mais le terroir d’Alsace reprend le dessus et s’impose. Alors on découvre en bouche des notes évoluées allant vers les fruits secs, des aspects fumés et des arômes salins comme ceux du jambon. La très belle cohérence Apparence/Nez/palais laisse une impression très agréable
  2. – Un BAROLO à la robe fluette aux reflets tuilés de SERRALUNGA GERMANO ETTORE dans le millésime 2010. Ce vin exhale des notes de cerise à l’eau de vie et un fumé discret qu’on retrouve en bouche, animé aussi par un poivré doux. Notre petite équipe est surprise par ces arômes tellement discrets qu’on l’imaginerait venant d’un autre terroir.
  3. – Sa robe est rubis, nette et sombre. Il dégage des notes de café, cacao et un trait balsamique qui suggère un élevage peu discret. C’est un Patrimonio rouge d’Yves Leccia en 2013 présentant en bouche une sucrosité parfumée de cerises mais qui aurait besoin de temps pour s’assouplir et réduire son astringence, surtout après les vins précédents bien plus discrets.
  4. – Un vin plus classique mais bien conçu dans une gamme de Bordeaux Rive gauche avec un Saint Estephe, Château Cauzet – CRU BOURGEOIS – 2011. La robe est grenat foncé. Les arômes en nez sont marqués par les fruits noirs, cassis et mures. En bouche le poivron grillé et les côtés boisés toasté réglisse en font un vin déjà abordable et parfaitement digeste.
  5. – Le Cahors Clos du Chêne Le Pêché 2011 offre une belle robe rubis intense et un nez toasté, sanguin, aux arômes de torréfaction, aux prolongements fumés. En bouche le vin est long, rappelle les notes précédentes tandis que s’ajoute un trait de graphite. Encore un vin qui résonne dans un vide et appelle le repas qui pourrait s’accorder le mieux en sa compagnie.
  6. – La soirée s’est étirée tardivement et enfin arrive une petite merveille d’Arbois Rouge par Jacques Puffeney Trousseau, avec sa Cuvée Bérangères en millésime On est entré dans l’élégance et le raffinement discret, avec des arômes qui oriente vers un vieux Pinot Noir juteux et mature, évoquant les cerises à l’eau de vie doucement macérées, l’acidité est fruitée toute en mélancolie. La longueur en bouche est surprenante, sans brutalité, guidée par les acides et les tannins fondus. Je regarde à nouveau la robe surpris de ne voir qu’un minimum d’intensité. Je ferme les yeux le velours est là niché dans l’émotion…

Nous avons choisi, parmi les vins proposés, trois outsiders qui ont marqué les dégustateurs

  1. Viré Clessé « Mademoiselle Agathe » Domaine des Gandines 2014
  2. Jasnières, Christine de Mianville; le Chant des Vignes 2011
  3. Arbois Rouge Jacques Puffeney Trousseau, Cuvée Bérangères 2013

Sur l’ensemble de la soirée il faut avouer que l’exercice a été très difficile pour certains dont je faisais parti. De longs débats et beaucoup d’hésitations notamment sur des vins rencontrés pour la première fois, pour lesquelles il n’y avait aucun souvenir, et sans qu’aucune dégustation/analyse n’ait été entreprises. Donc des moments de vides….

Cependant deux ou trois équipes d’habitués ont semblé briller en découvrant la plupart des vins. Espérons qu’avec de l’entraînement nous réussissions à faire évoluer nos perceptions sensorielles et à faire progresser nos connaissances des crus, nos banques de données lors des prochaines séances de Salertivin.

Jean-Luc Poignard

1 réflexion sur « Compte rendu : séance Salivertivin – dégustation en semi-aveugle »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *