Vertivinus – Séance 9 – Jeudi 12 mai 2011 – Les vignobles inscrits au patrimoine de l’UNESCO/Notion de paysage viticole – Château de la Frémoire

Depuis 1972, prenant acte « que le patrimoine culturel et le patrimoine naturel sont de plus en plus menacés de destruction non seulement par les causes traditionnelles de dégradation mais encore par l’évolution de la vie sociale et économique qui les aggrave par des phénomènes d’altération ou de destruction encore plus redoutables », la communauté internationale protège, grâce à une convention de l’UNESCO signée par 186 pays[1], le patrimoine culturel, soit des monuments, des ensembles ou des sites « qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue historique, esthétique, ethnologique ou anthropologique » Parmi ces biens se trouvent un certain nombre de paysages viticoles, où la vigne joue un rôle prépondérant ou non.

 

Sur quels critères ces biens ont-ils été sélectionnés ? Que couvre la notion de paysage viticole ? Peut-on faire un lien entre terroir et paysage viticole ? Voici un échantillon des questions que Romain voulait partager avec les participants de cette séance Vertivinus.

 

La convention de l’UNESCO s’appuie sur dix critères de sélection. Depuis 1992, les interactions majeures entre les hommes et le milieu naturel sont reconnues comme constituant des paysages culturels. Les paysages viticoles sont à considérer parmi les biens culturels modelés par l’’homme. Ainsi figurent inscrits au patrimoine de l’UNESCO[2] :

 

·         la région de Cinque Terre (Italie),

·         la juridiction de Saint-Emilion,

·         la vallée de la Loire[3],

·         la région de Wachau (Autriche),

·         le Haut Douro (Portugal),

·         la région de Tokaji (Hongrie)

·         la vallée du Mittlerrhein (Allemagne)

·         l’île de Pico dans l’archipel des Açores (Portugal)

·         la région de Lavaux (Suisse)

·         la région de Sienne (Italie)

 

 

L’analyse de paysage (ou paysagère) rejoint les préoccupations de l’UNESCO. Elle s’appuie sur la notion de terroir, défini depuis juin 2010 au congrès annuel de L’OIV[4] comme un concept « qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace » Cette activité est récente et complexe car pluridisciplinaire. Il s’agit désormais d’analyser des facteurs objectifs tels que la géométrie du paysage, le relief, la densité de plantation, la hauteur de plantation. Cette étude s’appuie sur des constantes comme la couleur (en fonction des saisons), les points d’appel (bâtiments, viticoles, arbres…) ou la texture. On peut conduire cette analyse en deux dimensions (cartes) ou trois (sur place)

 

Cette présentation est suivie d’une dégustation de sept vins, tous issus d’un paysage viticole classé au patrimoine de l’UNESCO.

 

 

Cinque Terre 2009 Costa de Sera di Riomaggiore (11€): robe jaune pale. Le nez est frais avec des notes de citron vert. La bouche est perlante, longue et iodée, sans être d’une grande complexité. Assez Bien.

 

 

Dezaley Grand Cru Louis Bovard 2008 (Chasselas – 27€): robe jaune pale. Le nez est sucré ; on note de nets arômes de pêches banches. La bouche est grasse, fumée et un peu alcooleuse avec une note crémeuse. Un vin bien fait. Bien.

 

 

Federspiel Pichler 2008 (23€): robe jaune or. Le nez est de prime abord réduit, puis salé avec des notes de citron. La bouche est là encore perlante, pierreuse, avec beaucoup de longueur et de puissante. « Du relief ! » comme le note un dégustateur. Bien.

 

 

Tokaji sec Furmint 2005 (10€): la robe est jaune paille. Au nez on note des arômes de prune/pomme et de sous-bois. La bouche est salée avec une certaine amertume puis oxydée (notes ferreuses). Bof, vin moyen.

 

 

Riesling Pflaz Spätlese JL Wolf 2000 (17€): robe jaune ocre. Le nez est sucré, épicé avec des notes de citronnelles. La bouche est puissante et longue, avec des arômes de cannelle et de litchi. Fin de bouche fumée avec des notes acide. Un beau vin ! Bien+.

 

 

Saint-Emilion Château de Fombrauge 2000 (30€): le nez est frais et grillé. La bouche est très tannique, un peu acide avec des notes très boisées et une touche de cassis. Ce type de vin n’est vraiment pas mon truc. Moyen-.

 

 

Brunello di Montalcino 2003 Cisini (32€): le nez est un peu verni, avec des arômes de cassis à nouveau. La bouche est chaude dès l’attaque, avec des tannins lâches. C’est vin assez rustique. Assez bien.

 

 

Les dégustateurs ont préféré le Riesling, puis le Federspiel et enfin à égalité le Dezaley et le Saint-Emilion.

Il faut noter que les vins dégustés ce soir là proviennent de lieux bien différents dont le point commun est le classement au patrimoine de l’UNESCO. La dégustation n’a pas mis en lumière de traits gustatifs communs.

 

 


[1] En avril 2009

[2] En juillet 2009

[3] Entre Sully sur Loire et Chalonnes

[4] Organisation internationale de la vigne et du vin

 

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