De grands Muscadet.

 

Les objectifs de cette séance du groupe Salivertivin du 4 mai au Château de la Frémoire étaient multiples :

 

-En premier lieu, se faire plaisir avec une belle série de muscadets sur le millésime 89 (les yeux exorbités du président en regardant ce bel alignement de carafes remplies de doux nectars à la robe jaune or donnaient le tempo de la soirée).

 

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-Contre-balancer l’image de ce vin de soif à boire jeune même si on en était déjà tous (ou presque) convaincus.

 

-Goûter un vieux vin, c’est aussi faire un saut dans le passé des techniques viticoles (les vins étant moins concentrés/extraits et les élevages sur lie moins poussés qu’aujourd’hui).

 

-Avoir la possibilté de goûter une série de grands vins sur le millésime 1989 (année solaire avec un été chaud et sec) qui fait partie des grands millésimes en Muscadet au même titre que 1976, 1982, 1987, 2005 et probablement 2009. Sachant que les prix astronomiques (entre 10 et 20 euros pour ces vénérables flacons…….) de cette appellation injustement dévalorisée nous ont permis de réunir un fort beau panel.

 

-Au niveau dégustation, il s’agissait de retrouver les arômes classiques des muscadets, mis en exergue par une très sérieuse étude de l’INRA dixit Romain, après quelques années de garde (notes d’agrumes, d’hydrocarbure/pétrolées, de fleurs séchées, empyreumatiques/grillées, lactées, de minéralité/pierre à fusil/fumée, balsamiques, mentholées/camphrées)


vin n°1 : Muscadet la Frémoire 1989

 

Nez intense d’agrumes confits, d’hydrocarbures avec de fines notes pétrolées. La bouche est légerement en retrait même si le vin présente un équilibre correct avec des touches de crumble à la poire. La finale est un peu courte mais le vin est encore très vigoureux pour son âge. Bien.

 

Vin n°2 : Domaine de la Bourdinière 1989

 

Nez moins intense mais plus complexe que le premier mellant des notes de fleurs séchées de pétales de rose à des notes grillées, fumées. La bouche est ample avec de beaux amers et la finale citronée très persistante confère au vin une belle fraicheur. Très Bien. 

 

Vin n°3 : Domaine de l’Echasserie 1989

Nez intense de tarte au citron avec des notes lactées prononcées. La bouche est grasse, très saline. Cela manque de tension à mon goût. Moyen.

Vin n°4 : Domaine de la Tourlandière 1989

Nez intense lacté, fumé avec de fines notes de pêche de vigne et de menthe poivrée. Bouche ample avec une matière bien mûre mais équilibrée par une superbe tension. Le vin s’étire en bouche sur de doux amers et la finale sur des notes anisées incite à se resservir très vite. Excellent.

Vin n°5 Domaine des Chausselières 1989

 

 

Nez intense de fruits exotiques et de confiture de lait. Bouche grasse et tapissante s’exprimant davantage par sa matière que par sa longueure. Notes alcooleuses en finale. Assez bien.

 

Vin n°6 : Michel Luneau et fils 1989

 

Nez d’encaustique, de cire d’abeille un peu réduit évoluant vers l’ananas à l’aération. La bouche est hyper ciselée en attaque mais l’ensemble manque d’équilibre et se termine de façon un peu abrupte. Assez bien.

Vin n°7 : Domaine des Hauts Mortiers, cuvée des Rochettes, Denis Charbonneau 1989

Nez complexe et élégant de fleurs blanches (nez de rose très riesling), de noisettes évoluant sur les épices indiennes à l’aération. Bouche très dense avec de belles notes salines s’étirant longuement sur l’anis et le curry. Grand vin, très complexe et incrachable!

Vin n°8 : Chateau du Coing de St Fiacre, cuvée Comte de Saint Hilaire 1989

Nez intense présentant des notes lactées, de pierre à fusil et de fleurs blanches. La bouche présente un léger perlant que l’on retrouve souvent chez les jeunes muscadets. L’ensemble manque d’équilibre avec une acidité dominante. Assez bien.

Vin n°9 : Domaine R de la grange (Rémy Luneau) 1989

Nez complexe de fleurs séchées, de rhum et de pralinoise. Bouche grasse sur des amers persistants avec une finale un peu chaude. Assez bien.

Vin n°10 : Domaine Pierre Luneau Papin, cuvée L d’or 1989

Nez de fruits frais et de crème patissière. En bouche, le vin présente un bel équilibre avec une matière crémeuse même si l’ensemble s’exprime de façon un peu monolithique en comparaison avec ses congénaires. Assez bien.

En conclusion, le rapport qualité-prix de ces vins est bien indéniable et la mauvaise réputation du vignoble est en grande partie injustifiée. Les vins présentent des caractéristiques communes avec leur nez très intense, leur évolution très rapide dans le verre et leur jeunesse insolente mais en même temps on a vraiment deux styles de vins en bouche passant de l’hypertendu à l’hypergras. Bref, il n’y avait pas de quoi s’ennuyer à la Frémoire et ce fut une bien belle soirée.

Greg.

 

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