Vertivinus – Séance 6 – Jeudi 4 février 2010 – Château de la Frémoire

Romain proposait aux participants une séance sur les vieux blancs du Nord. Un rapide sondage effectué parmi les personnes présentes ce soir-là montrait que seul un petit nombre avait déjà gouté des vins âgés de plus de trente ans. Quel(s) arôme(s) développe un vieux vin ? L’oxydation du vin est-elle forcément un écueil après trente, quarante voire cinquante ans ? Sur quel(s) critère(s) apprécier un vieux vin ? Voici quelques questions qui se posaient aux dégustateurs. Un parcours de 9 vins devait permettre d’y voir un peu plus clair (tous ont été achetés sur le site www.bonjaja.com entre dix et vingt euros)

 

Weingut Herrmann Braun – Sylvaner trocken – Aspishceimer Schonenberg 1990 (Allemagne) 10.96€ :

Nez oxydatif de cire/encaustique, légèrement alcooleux. La bouche plutôt ronde évoque des notes de pomme au four pour certains. L’acidité du vin se distingue en fin de bouche. Assez Bien.

 

Moselle – Cave de Bentz – Pinot blanc – 1988 – Remerschen Kreitzberg (Luxembourg) 9.13€ :

Premier nez avec des notes d’agrumes, de fleur blanche puis de cire et bonbon en pastille selon une dégustatrice (personnellement, je pense à un sancerre blanc…) La bouche est plutôt grasse avec une acidité plus enveloppée ; on retrouve des notes d’herbes vertes. Il y a du sucre résiduel. Bien.

 

Moselle – Cave de Bentz – Riesling – 1988 – Remerschen Kreitzberg (Luxembourg) 13.70€:

Le nez est cireux (moins vif que le précédent) La bouche est alcooleuse avec une acidité en fin de bouche. Le vin n’a pas une structure suffisante pour lui conférer de la longueur. Moyen.

 

Alsace – Charles Frey – Riesling – cuvée prestige Dambach 1988 (France) 10.96€ :

Nez d’hydrocarbure, puis de prune, d’alcool à brûler. En bouche, l’attaque est plutôt vive avec des arômes de bois vert. La bouche est chaude. A noter qu’une des deux bouteilles goûtées avait un goût de bouchon. Assez bien/Bien.

 

Rheinhessen Huxelrebe Jakob Gerhardt Bereich Wonnegau Spätlese 1984 (Allemagne) 10.96€ :

Les deux bouteilles ouvertes sont nettement divergentes.

Première bouteille : nez de champignon puis de bonbon. Bouche monolithique. Moyen.

Deuxième bouteille : nez intensément madérisé. Se distinguent en bouche des arômes fumés et de marc de café. Notes de sucre. Assez bien. 

 

Rheingau – Riesling – Schloss Schönborn Bereich Johannisberger 1978 (Allemagne) 16.44€ :

Nez madérisé (mois intense que le précédent) En bouche se développent des arômes tourbés, salés. Plusieurs participants parlent d’arômes de houblon. L’un d’entre eux relève des arômes caramélisés, de crème brulée. Bien.

 

Alsace – Gewurztraminer André Krick 1973 (France) :

Nez d’agrumes (citron) puis de litchi. Bouche pierreuse un peu sèche. Moyen.

   

Rheinessen – Winzenheimer Pieroth Konigsberg 1967 (Allemagne) 16.44€:

Nez madérisé un peu salé puis arômes de caramel brulé. En bouche, on trouve des arômes de noix (oxydation) puis de sous-bois. L’acidité résiduelle confère une certaine longueur au vin. Assez bien.

 

Alsace – Muscat – cave d’Eguisheim 1962 (France) 15.53€ :

Nez aux arômes de pain grillé avec une note d’agrume. La bouche est un peu alcooleuse avec des arômes puissants de marc de café. L’acidité du vin est toujours un peu présente. Bien.

 

Conclusion : la séance a mise en évidence que les vieux vins perdent leurs arômes variétaux, liés aux cépages, qu’ils développaient à l’origine pour laisser la place à des arômes tertiaires liés au vieillissement du vin (madérisé, marc de café, pain grillé, caramel brûlé) Même si l’accueil réservé à ces « vieilles » bouteilles a été bien différents selon les tables, tous les participants ont apprécié cette séance où, grâce à la dextérité de Jocelyn et Romain au tire-bouchon ( traditionnel ou à lamelle), chacun sait maintenant comment ouvrir un vieux flacon sans coup férir !

 

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1 réflexion sur « Vertivinus – Séance 6 – Jeudi 4 février 2010 – Château de la Frémoire »

  1. Bonjour,

    Bravo pour ces dégustations très ciselées.

    Nous avons récemment eu la chance de déguster 14 vins d’Alsace plus ou moins jeunes, seuls deux présentaient des signes de fatigue. En somme tout est relatif, si l’on a accès à des grandes bouteilles dans des millésimes maintenant anciens, on n’arrive pas du tout aux conclusions que vous tirez. Tout dépend donc du contexte, non ?

    J’avoue que ça m’attriste un peu de voir un thème aussi précis que celui que vous avez abordé gâché par le choix des vins et des millésimes de la part de votre fournisseur.

    En effet les millésimes choisis sont presque tous moyens ou encore moins que moyens.

    Mais surtout, surtout, les vins ne proviennent pas de domaines présentant des vins de qualité leur conférant une garde suffisante. En clair, en cuisine (ou quelque autre domaine), prenez du matériel de grande qualité, usez-en longtemps, il aura une autre gueule que le matos bas de gamme acheté en GD.

    Que votre fournisseur n’ait pas eu accès à des vins de qualité se comprend étant donné la rareté des millésimes anciens, mais il est incorrect de ne pas préciser que les vins de cet âge entre 10 et 20 euros ne peuvent simplement pas être bons, sauf miracle. Tout au plus ils peuvent être épargnés par le vieillissement.

    Je déguste régulièrement des vins blancs vieux et mis à part les bouchons qui vieillissent mal, les bons vins blancs d’Alsace de 1979, 1976, 1964, 1959, 1943 sont souvent d’une fraicheur insolente. On ne parle pas des vins d’après 1985 qui sont des jeunots.

    Cordialement
    Eric
    PS : Les vins que vous avez dégsutés ne sont pas des vins “du Nord”…

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