Compte rendu séance Verticadet : connaissance générale du Muscadet

 

 

Voici le compte-rendu de la première séance Verticadet consacré à la connaissance générale des vins du Muscadet… nous rentrerons dans les détails au cours des sessions suivantes : voici donc une première dégustation qui permet de faire un bon tour d’horizon.

  

Muscadet Sèvre et Maine sur Lie, Damien RINEAU, La Tour Gallus 2009 (Zone Gorges : sous-sol gabbro)

Nez : assez intense sur des notes de savon, herbe fraîche, noisette fraîche ainsi qu’une touche florale, expression aromatique vive et nerveuse.

Bouche : l’attaque se montre tonique mais on discerne également une jolie matière qui accompagne bien une acidité légèrement saline courantes sur ces terroirs argilo-sableux sur gabbro. Le vin exprime une agréable nervosité avec une rétro évoquant l’herbe coupée, la noisette, fougère et une finale qui sur le zest de citron. Joli vin typique de terroirs tardifs. Bien ++

 

Muscadet,  Domaine de Bellevue, Jérôme Bretaudeau, Granit 2009 (terroir : granite de Clisson)

Nez : Légèrement fermé, avec des nuances de fruits du verger (poire, pêche fraîche), fougères et amande et fleurs jaunes.

Bouche : on distingue plus d’épaisseur dès l’attaque, avec une sensation légèrement plus chaleureuse laissant place à quelques amers en final. Rétro sur la pêche blanche, amande écrasée. Il semble que le vin soit dans une phase de fermeture. Bien ++.

 

Muscadet Coteaux de la Loire 2007, Roches de Loire, Domaine Pierre Guindon (terroir micaschistes)

Nez : Intense sur des notes de myrthe, légèrement pétrolées.

Bouche : l’attaque s’avère très tranchée, presque austère avec une rétro sur des arômes pétrolés (huile essentielle de thym), fenouil, finale acidulée avec une impression de pierrosité. Le milieu de bouche sonne plus creux, il manque probablement un peu de densité mais les vins du domaine ont tendance à moins rechercher la texture par rapport au Sèvre et Maine. La trame aromatique ne manque pas d’originalité mais pourra surprendre par sa rigueur. Bien+.

 

Muscadet de Sèvre et Maine Gorges 2007 – Gilles Luneau  (Château Elget)-  terroir argile à quartz sur gabbro

Nez : Assez intense sur des notes d’épices, de poire, menthe, sauge et pamplemousse. Jolie complexité.

Bouche : l’attaque est très nette et franche, la richesse étant soutenue par une vraie tension, rétro sur l’agrume (citron, peau de pamplemousse). La finale s’affine sur une impression à la fois acidulée et saline avec une nuance mentholée. Très joli vin qui commence à arriver à maturité et où le vigneron su trouver un bel équilibre entre maturité, salinité et acidité dans un millésime généralement vif. Très Bien +.

 

Photo Crédits : www.gaultmillau.fr

   

Muscadet de Sèvre et Maine, Granite de Château Thébaud 2006-Domaine de la Chauvinière – Jérémie Huchet (terroir granodiorite)

Nez : intense avec des nuances d’épices, anis, fenouil et légèrement fumée.

Bouche : attaque riche, crémeuse sur une rétro qui évoque la badiane, les épices douces, l’angélique, la châtaigne bouillie et l’écorce de citron. La finale laisse pointer un peu de vivacité alors que la tension s’érode légèrement.

B++ à Très Bien, mais excellent si on replace ce vin dans le contexte d’un millésime particulièrement difficile, et cela, c’est toujours un bon signe…

 

Muscadet de Sèvre et Maine – Gorges 2005, Véronique Gunther-Chéreau (ex Château de la Gravelle) – terroir sablo-limoneux sur gabbro.

Nez : intense, mais une franche tendance à la réduction. Notes d’agrumes mûrs tendant vers des nuances exotiques.

Bouche : l’attaque montre une trame texturée et veloutée assez typique du domaine, notes de crème aux œufs, ananas, mais là encore la petite réduction tourmente certains dégustateurs. Un carafage ferait le plus grand bien, c’est ce que confirmera la dégustation du fond de bouteille plus tard.

Assez Bien.

 

Muscadet Sèvre et Maine, Philippe Marchais, Saveur d’Origine 2004 (terroir micaschistes)

Nez : assez intense, légèrement réduit au premier abord, note de croûte de fromage, fumé, épices et poires mûres.

Bouche : riche dès l’attaque avec une impression crémeuse, rétro pâtissière (crème aux œufs, vanille) et poire. Un vin plus en texture qu’en tension qui a un coté plus « chardonnay » et qui montre que, dans les bonnes cuvées, les muscadets 2004 comptent parmi les plus prêts à boire.

Bien++

 

Muscadet de Sèvre et Maine, Mouzillon-Tillières 2003 (Rubis de la Sanguèze), Stéphane et Thierry Luneau (Domaine Michel Luneau et Fils)-terroir sablo-argileux sur altération de gabbro.

Nez : assez intense sur des notes de coing, badiane et poire cuite.

Bouche : attaque élégante et riche qui révèle des jolis amers à partir du milieu de bouche, typique des vins du secteur ou des « amers mûrs » structurent souvent la bouche sur la longueur. La rétro évoque une palette complexe d’anis, fleurs séchées, poire pochée aux épices et écorce d’agrumes séchés. En finale, on note que la richesse et le gras de ce millésime solaire semble se polir alors que l’acidité, à la fois mure et douce, confère une belle légèreté. Qui a dit que les 2003 ne se conserveraient pas ?

Très Bien

 

Muscadet Sèvre et Maine sur lie, Domaine de la Tourlaudière, Roland Petiteau, Vieilles Vignes 2000 (terroir micaschiste)

Nez : intense, notes grillées/brûlées, nuances plus tourbées.

Bouche : attaque souple qui, dans un second temps, montre une structure plus nerveuse avec une acidité sans doute un peu verte. Retro sur des notes de grillés et d’herbes hachées. Finale un peu  accrocheuse. Le vin semble tout de même marqué par ce millésime manquant un peu de maturité.

Assez Bien

 

Muscadet Sèvre et Maine, Château du Coing Saint Fiacre, Véronique Gunther-Chéreau, Grande Cuvée St Hilaire 1993(terroir de Gneiss)

Nez : intense sur une palette de cire, pain grillé, légère réduction. Carafage nécessaire.

Bouche : attaque assez dense et crémeuse. L’acidité, d’abord fondue, ressort en court de dégustation accompagnant une impression légèrement amère évoquant la peau de pamplemousse. Finale un peu citrique.

Bien ++

 

Au final, cette dégustation constitue une bonne introduction aux Muscadet mettant en exergue différents profils que l’on peut régulièrement retrouver tout particulièrement au niveau du « toucher de bouche ». Les trames aromatiques sont aussi assez variées mais exigent généralement 2-3  années pour commencer à s’exprimer pleinement, attention toutefois à des tendances réductives un peu marquées et susceptible de rogner sensiblement la complexité des bouquets.

Le premier vin a rencontré un beau succès, le Gorges 2007 de Gilles Luneau s’est distingué par son élégante salinité, le Mouzillon-Tillières des frères Luneau révèle l’excellente évolution de ce millésime 2003.

 

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